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Et la terre coule

 Porteuse du navire "homme", la terre "coule" au travers des poèmes d’Henri Meschonnic.
 Ne nous y trompons pas ; ce n’est pas par inadvertance que l’auteur a choisi un titre, lequel à lui seul pose une interrogation à laquelle il ne répond que partiellement ; notion de temps, bien entendu, de la place de l’homme dans l’univers, et ce rapport plus étroit de la solitude de l’être humain avec celle où tout commence et tout finit : la terre. (...)
 Ce livre, au langage d’une simplicité choisie, voulue, forte me semble l’un des plus beaux écrit par Henri Meschonnic, peut être parce que « comme on est en état de nuit nous sommes en chemin de lumière l’illisible nous veille » et l’étoile guide nos mots, et le silence de nos mots, nos silences dans les mots et non autour des mots.
 Ce n’est pas le fait du hasard certes si celui qui a écrit des milliers de pages nous en ouvre (offre) ici quatre-vingt-dix afin de le suivre, « le temps sous nos pieds »... « et nous avons marché, marché plus d’une vie une vie une vie plusieurs vies » (...) Pas un hasard non plus si celui qui questionne devient ici « l’inconnu /qui arrive au sens », si les derniers mots de son recueil nous livre un ultime secret : « tous mes mots /sont pour la vie ».