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Essais pour un espace

 C’est un étonnant petit recueil poétique, très unifié, que celui de Silvia Baron Supervielle : une soixantaine de poèmes très brefs (4-6 vers), de mètre court, avec quelques autres un peu plus longs, filant une même métaphore, celle de l’architecture.
 La construction de l’édifice est la figure de celle de la langue et peut-être de celle de l’intériorité. Elle le peut moyennant un appui fondamental : le vide et surtout l’ouvert, indispensables à la création du monument ou de la poésie. Il y a là une expérience et une réflexion, vives et fortement exprimées, de l’ouverture à un espace, s’apparentant à d’autres recherches spirituelles et notamment à celle qui se passe dans la foi.
 On peut ajouter quelques réserves : l’ensemble est un peu didactique, un peu froid ; la langue est un peu neutre ; le « pour un espace » reste une postulation (essentielle) sans que l’on pressente vraiment sa beauté. Mais on est heureux de lire, de relire, de garder ce recueil. Et l’on attend la suite.