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Roger MUNIER

Esquisse du Paradis perdu

Prose

Collection Carnets Spirituels
n°75, ISBN 9782845901537

11 €

Roger Munier est mort le 10 août 2010. Il était depuis leur origine, il y a 35 ans, l’un des auteurs tutélaires des Éditions Arfuyen, qui ont déjà publié neuf de ses ouvrages : Terre sainte, 1980 ; Éden, 1988 ; Requiem, 1989 ; Stèle pour Heidegger, 1992 ; Exode, 1993 ; Dieu d’ombre, 1996 ; Adam, 2004 ; Les Eaux profondes (Opus incertum V), 2007 ; Pour un psaume, 2008. Ce nouveau texte, au titre testamentaire : Esquisse du Paradis perdu, est le premier ouvrage qui paraisse après sa mort et le dixième aux Éditions Arfuyen. Arfuyen a également publié en 1993 ses traductions d’Angelus Silesius sous le titre L’errant chérubinique (édition bilingue).

Après huit ans de formation chez les Jésuites, avec Jean Mambrino, Roger Munier avait renoncé à entrer dans la Compagnie de Jésus pour poursuivre des études philosophiques. Il était l’un des écrivains les plus admirés et les plus secrets de notre époque. Un colloque lui a été consacré en mars 2008 à l’Université de Lyon 3. Un Cahier Roger Munier de près de 300 p. grand format a été publié au début de 2010 aux Éditions Le temps qu’il fait, reprenant les actes de ce colloque ainsi que de très nombreux documents, photos et contributions.

À travers de nombreux livres, Roger Munier a poursuivi une méditation permanente sur notre rapport à Dieu et au Divin. Des livres comme Exode, Dieu d’ombre, Adam ou Pour un psaume ont été des éléments de cette recherche. Arrivé aux portes d’une autre vie, il poursuit cette recherche avec ce dernier ouvrage : c’est pourquoi ce livre, comme Pour un psaume, a bien sa place dans la collection les Carnets spirituels, comme un témoignage profondément contemporain sur la foi d’un homme qui a vécu en étroit compagnonnage avec les Écritures et manifeste aujourd’hui sa manière de les vivre.

Roger Munier présente lui-même dans un avant-propos la méditation qui est à l’origine des pages de cette Esquisse du paradis perdu. Non pas une simple divagation poétique sur un thème cher à tous les nostalgiques. Non pas non plus une vaine vaticination issue de quelque idéologie syncrétiste. Fort d’une réflexion consacrée successivement aux études théologiques, à l’interprétation philosophique et à l’analyse littéraire, Roger Munier revient au texte premier, la Genèse : « Les pages qui suivent, écrit-il, tentent, après beaucoup d’autres, un commentaire des chapitres 2 et 3 du livre de la Genèse sur la création de l’homme et le drame de sa chute au Paradis terrestre. Il se présente sous forme thématique, mais reste fidèle au texte, comme en témoignent les nombreux renvois aux versets concernés. Sans nuire au respect qu’on leur doit, il peut être utile d’interroger à nouveau, dans leur littéralité, les textes saints, Ils furent écrits par des penseurs et des poètes inspirés et vont à de grandes profondeurs qu’il importe d’explorer. Ce qui suppose de les aborder comme à neuf. Tel fut, de part en part, le fil conducteur de ma prudente méditation. »

N’est-ce pas un extraordinaire symbole que le texte ultime de Roger Munier, théologien, philosophe et poète soit consacré à une nouvelle approche du texte fondateur de tous les autres textes ? Rappelons les deux citations qui figuraient en épigraphes de son précédent ouvrage, Pour un psaume : la première, de maître Eckhart : « Tant que l’âme a un Dieu, connaît un Dieu, sait un Dieu elle est loin de Dieu. C’est pourquoi c’est le désir de Dieu de s’anéantir Lui-même dans l’âme, afin que l’âme se perde elle-même » ; la seconde, de Mère Teresa : « On me dit que Dieu m’aime – et pourtant la réalité des ténèbres, du froid et du vide est si grande que rien ne touche mon âme. »