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Entretiens familiers avec Dieu

 Les courts textes de Jeanne Guyon, fort bien choisis, illustrent cette spiritualité du « pur amour » dont Fénelon s’était fait le théologien et qui a continué de nourrir la vie spirituelle des chrétiens fervents dans la suite des temps, mais souterrainement, dans les correspondances particulières et la confidentialité de la direction de conscience. (...)
 Le contraste est violent avec le journal spirituel de l’anonyme de Guebwiller. C’est un hymne vibrant au Créateur qui comble de ses bienfaits sa créature de bonne volonté. C’eût pu être le journal de job avant sa grande épreuve. Tout parle de Dieu à ce chrétien fervent et qui n’oublie pas son prochain, tout est pour lui sujet d’action de grâces, à commencer par la splendeur et la générosité de la nature qui l’entoure. Nous avons là un beau témoignage de ce christianisme quasi vétéro-testamentaire, typique lui aussi du siècle des Lumières (le Christ n’apparaît qu’une fois), dont il est difficile de deviner la confession (luthérienne ou romaine ? l’Église et les sacrements en sont absents) et qui ressemble comme un frère à la « religion naturelle » professée par le Vicaire Savoyard. C’est le visage le plus bénin de la Providence qui se profile ici, dans une religion du bonheur dont l’avenir dira si c’était la bonne.