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Entre écologie et religion

 « Inverser la perspective. Depuis que l’homme a dû à apprendre à mourir sous l’effet de la Chute, il a l’habitude de gémir sur la nécessité de quitter un monde qui le laisse disparaître. Pourquoi ne prête-t-il pas aussi l’oreille à la douleur que le monde éprouve d’être abandonné par l’homme au néant ? » (page 79).
 Face à l’inéluctable, que peut-on, que doit-on faire ? Briser le silence, répondre à l’urgence immédiate. On ne peut renvoyer son salut à plus tard, alors autant l’affronter et le transformer en acte créateur.
 Pourtant, depuis longtemps, encore et toujours, la volonté est celle de l’occultation, du silence et d’un besoin d’atténuer au maximum la perception de la chair afin de se rapprocher davantage du ciel. Or cette chair ressuscite. L’Évangile l’affirme, le corps du Christ a repris vie, donnant à la chair non plus une notion d’effacement mais de libération.
 L’homme peut-il à son tour accéder à cette ascension ? Celle-ci devient dès lors création et là se dessine l’alliance entre Dieu et l’homme, entre la main qui façonne et celle qui reçoit.
Alors pourquoi face à cette résurrection universelle, y a-t-il tant d’hésitation ? Pourquoi douter et repousser toute vision charnelle, alors que quelque part, c’est tout de même affirmer que la mort n’a pas le dernier mot.
  « Le ciel et la terre figurent l’éternel et le temps, leur position réciproque. Il faut voir l’image dans les deux sens » (page 13).
 Jean Bastaire délivre dans ce recueil un formidable message de grâce et d’espoir dans lequel il invite l’homme à s’investir, à respecter cette terre qui est faite sienne mais à l’utiliser de manière harmonieuse, écologique pourrait-on dire. Nous faisons partie de cet écrin qui nous accueille, nous sommes de passage et nous devons mener la réflexion qui s’impose.
 Si le laps de temps qui nous est offert est par essence temporaire, de durée variable assez courte sur l’échelle du temps, c’est que cela a un but, une finalité que nous devons trouver et exercer du mieux que nous le pouvons. L’alliance entre l’homme et la nature, sans doute est-ce vers cela que nous devons nous diriger, vers une parfaite harmonie entre ce monde que nous torturons en pensant avant tout et essentiellement à nous, oubliant qui nous abrite et pourquoi nous sommes là.
 Les lignes de Jean Bastaire sont superbes ; elles inspirent un recueillement qui ouvre de multiples portes sur notre conception de nous-même, de notre terre et de notre futur.
  « L’homme est ministre de l’univers remis entre ses mains. Il a charge de le gérer afin que l’univers engendre le fruit dont il est porteur pour l’éternité des siècles » (page 38).