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Enquête sur les domaines mouvants

 Ils viennent de loin, les poèmes de Max de Carvalho, né à Rio de Janeiro, en 1961, d’une mère brésilienne et d’un père polonais, tous deux artistes lyriques, qui s’établiront en France en 1970. Créateur de La Treizième, une revue dont chaque numéro était conçu comme un livre-partition, il vit aujourd’hui dans les solitudes de la Montagne noire où ont été écrits les poèmes qui composent l’Enquête sur les domaines mouvants. Ceux d’un homme dont l’esprit de pauvreté et le souci de l’absolu sont la façon d’aller à la rencontre de ce que nous dit le monde à travers les moissons du vent, « l’horlogerie des primevères » ou le « rire chaud des / fleurs à midi ». Toute une alchimie végétale, un éros spirituel dont la beauté des signes trouve en lui écho.
 Un univers où la neige habille le froid, où « il y a trois personnes dans le cri du coucou », où le sang des lèvres est roseraie, où la réalité vivante du monde n’est que vibrations. Domaines mouvant s sur lesquels Max de Carvalho veille. Une attentive ferveur qui le mène souvent à entrer en relation fraternelle avec eux. Une façon d’aller à l’unisson, de se placer au bord de comprendre, d’entrer dans cette « cinquième saison » où la mer peut respirer en lui autant qu’il respire en elle, où le passé s’appréhende « en sa nouveauté à jamais », avec ses « plaines osmotiques, / l’os en phosphores des pluies / d’astres sans nuit, / l’œil dévorant / en lui-même rassasié / vers l’intérieur sans cœur, / et les spermes en gelée, / la levée en masse, / le grand bain aux piscines d’azur ; / l’arche versicolore des prismes, / les météores vaporisés des spires... »
 Poèmes où concertent la voix du plus intime et celles de l’immémorial. Poèmes nés du désir de rendre visibles des forces qui ne le sont pas, poèmes où tremble le mystère de cette vérité à laquelle nous sommes devenus trop aveugles et trop sourds.