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Enquête sur les domaines mouvants

Beaucoup d’oiseaux et de souffles circulent dans l’univers poétique de Max de Carvalho. Que son chant se limite à des textes brefs, ajourés, dans Enquête sur les domaines mouvantsou prenne de l’ampleur en traçant tout un itinéraire, dans Ode comme du fond d’une autre réalité (L’Arrière-Pays), il fait entendre les accords d’une musique nocturne, soulevant « le poids de l’ombre », exprimant simplement une ivresse un peu hésitante entre les grillons et les étoiles.

« Le guetteur est mon chemin, je l’approche dans les combes, dans la douceur humide des fossés. » Max de Carvalho aime se tenir dans un espace ouvert où « l’essor du soir » vient doucement, jusqu’au coeur du rêve, entrouvrir les portes de l’invisible. Il y goûte sa solitude, que l’on sent recueillie, avide d’absolu, tournée vers le « Seigneur sans lieu », captant les parfums et les brises, particulièrement en éveil devant les manifestations secrètes de la présence.

« Quel vêtement immatériel habille la brise de fraîcheur ? Il y a au bord des étangs silencieux et des bassins profonds cette inconnue aux yeux d’archange, une plume au chapeau. Il y a le cri de l’aube dans la muette (...) Il y a enfin une présence insaisissable et la marée tardive des glycines... » On retrouve la frémissante sensibilité du poète dans sa revue La Treizième, qui a publié en l’été 2007 un volume intitulé Autres cercles. Les noms d’André du Bouchet, d’Yves Bonnefoy, d’Antonio Ramos Rosa y sont aussi inscrits, entre autres. 

Poète rare, d’une profonde exigence spirituelle, Max de Car­valho illustre ainsi parfaitement « la rêverie salutaire, la rêverie vraiment dynamique », dont parlait Gaston Bachelard dans son introduction de L’Air et les Songes.