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Edith Stein au quotidien

 Donner le nom d’une montagne, Arfuyen, à sa maison d’édition est significatif de l’éclectisme avec lequel Anne et Gérard Pfister sélectionnent leurs auteurs. La Collection des Carnets spirituels manifeste cette orientation tant par l’élégance de ces petits volumes faciles à lire que par la saveur de leur contenu.
 C’est la deuxième fois qu’Évelyne Franck y dresse le portrait de femmes qui lui ressemblent : libres et engagées, intellectuellement douées, spirituellement favorisées. Libre avec Marie de la Trinité paru en 2008 était déjà, sous sa plume, un « compagnonnage dans la marche vers l’invisible » avec Paule de Mulatier, dominicaine missionnaire des campagnes morte en 1980, qui rédigea 3250 pages de carnets dont le cardinal Hans Urs von Balthasar a déclaré qu’elles étaient d’une « importance capitale » pour l’Eglise. 
 Edith Stein au quotidien est dans la même veine. Le compagnonnage devient amitié entre deux « collègues » enseignantes qui ne sont pas forcément toujours d’accord mais qui se trouvent « réunies dans l’essentiel ». En dépit de sa canonisation en 1998, et des nombreuses traductions françaises de son œuvre, force est de constater que la personnalité d’Edith Stein, philosophe juive allemande devenue au Carmel sœur Thérèse Bénédicte de la Croix et morte dans une chambre à gaz en 1942, garde pour beaucoup un aspect austère, rigide et distant. 
 À partir de sa seule correspondance, Évelyne Franck tente une approche d’Edith Stein au quotidien, dans sa vie d’enseignante et de carmélite. Se révèle alors une femme sensible et vulnérable, capable d’humour, qui nous interroge dans nos questions existentielles. Évelyne Franck se mets à son écoute, essayant de comprendre ses décisions, de lire les enjeux et de dégager quelques perles de sagesse. Comment, par exemple « ne pas se laisser envahir par n’importe quoi », « ne pas donner autorité sur soi à n’importe quelle parole entendue », « accepter de ne pas tout savoir sur soi et sur la vie », ou encore « voir les autres porter leur croix et ne pas pouvoir la leur enlever, ce qui est plus dur que de porter la sienne propre… »
 Une leçon de vie en humanité !