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Éden

 À la lecture d’Éden, de Roger Munier, nous voici requis par la gravité d’une interrogation, d’une écoute passionnée, presque douloureuse sous la paix apparente des paysages. Loin des villes, loin aussi de l’humour, nous reprenons cette longue et intense marche à laquelle les mystiques rhénans nous avaient conviés.
 C’est avec la simplicité sans fard de l’exigence que nous parle l’ami de Heidegger, le traducteur de Juarroz et Porchia. Le divin ne se donne pas dans une fusion mystique mais dans le mouvement même, nécessairement fugace, de son apparition. Nous sommes d’un domaine où l’Être est d’abord une profondeur qui se dérobe. La parole poétique, sobre, proche de la méditation philosophique, s’illumine alors. Le pommier en fleurs est bien un brasier blanc de beauté légère « que rien d’autre que soi ne consume ». « Arrête-toi, oui, contemple, / mais ne t’attarde pas. / On ne peut être que hélé, / au passage. »
 Ce qui nous retient dans ce recueil, au-delà même de la gravité passionnée, c’est la fraîcheur, l’ingénuité et comme le dénuement d’un cœur qui attend. Ce sont les signes d’une pureté bouleversante : « la petite pluie de printemps / est pleine de chants d’oiseaux... » (Éden, Roger Munier, aux magnifiques et pourtant si accessibles Éditions Arfuyen, avec un lavis de Nasser Assar)/