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Éden

 Une dérobade, un glissement, un apaisement. Un séjour dans le silence, une tentative d’approcher l’inquiétante et paisible énigme. Un appel au regard, à ce regard intérieur qui n’échappe qu’à celui qui le laisse échapper. Un appel à tous les sens : pour nommer, pour seulement contempler. Pour contempler l’instant d’un instant :
 Arrête-toi, oui, contemple,
 mais ne t’attarde pas
 Roger Munier contemple, saisit l’essence et dit la présence, la lumière. II frôle, avant l’absence. il apprivoise le « fugitif ». il questionne sans cesse la réponse, en la réduisant à une nouvelle question : 
  Qui ou Quoi nommez-vous ?
 – Je ne nomme rien.
 Je nomme.
 Sitôt entrevu, le chemin qui semble se dessiner s’efface et devient un « semblant » de chemin, une trace qui n’a plus rien à avoir avec le chemin. Et pourtant, il y est question de chemin, de chemin de plus en plus proche du chemin. Le poète pourrait écrire, le chemin
 … n’a pas d’être.
 Il ne peut que se rêver. 
 Éden n’est rien d’autre qu’Éden. C’est une certitude. La seule certitude de Roger Munler. Apparemment. Dans ses textes courts et brefs, il y a aussi un souffle… un souffle « extrême ».