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Écrits sur la vie intérieure

 Il est temps de redécouvrir la grande mystique que fut Madame Guyon (1648-17I7), injustement tombée dans l’oubli après avoir été vilipendée de son vivant. Fénelon est son disciple le plus célèbre, mais elle en eut bien d’autres qu’elle guida de manière personnelle pendant les trente dernières années de sa vie ; cette direction a donné lieu à des opuscules et des Lettres, d’une à vingt-cinq pages, que ses amis ont rassemblés et publiés en 1716 et dont un choix nous est ici offert.
 L’introduction très bien faite dégage les grandes lignes de cette spiritualité dans laquelle « le principal obstacle est celui de la volonté propre qui empêche le divin d’être notre moteur ». Se plonger dans ces pages d’une grande richesse et d’une parfaite cohérence, c’est entreprendre un voyage dans la paix des profondeurs.
 On est frappé de voir combien la pensée s’enracine dans une expérience mystique profonde et authentique : « Mais, dira-t-on, comment est-ce que cette âme peut discerner quand et à qui Dieu veut qu’elle se communique ? Cela se discerne parce que l’âme sent un surcroît de plénitude qu’elle sent bien n’être pas pour elle … qui même l’accablerait si elle ne trouvait personne. »
 
Le ton reste toujours serein : « La grâce frappe à la porte de notre cœur : lorsqu’elle ne trouve point d’entrée, elle se répand en d’autres cœurs mieux disposés et ce que l’un perd, l’autre le trouve. »
 Pour notre époque inquiète, cette spiritualité du repos en Dieu arrive à point nommé.