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Écrits des Maîtres soufis 3

 Ce sont trois maîtres soufis que Stéphane Ruspoli propose à notre lecture : Ishâq Khotalâni (mort en 1423), Mohammad Nûrbakhsh (1392-1464) et ’Abd al-Razzâq Kâshânî (mort en 1329), un des premiers interprètes iraniens d’Ibn Arabî.
 Stéphane Ruspoli, auquel on doit deux premiers volumes d’écrits de maîtres soufis, parmi lesquels ceux de Najm Kubrâ (mort en 1221), fondateur de l’ordre mystique des Kubrawis, avertit le lecteur que les textes publiés dans le présent volume de cette excellente série ne sont pas d’un abord aisé : « Leur symbolisme ésotérique peut dérouter le néophyte, mais ils sont fascinants et d’un intérêt exceptionnel. En effet, nos auteurs illustrent en quelques pages inspirées et très denses, voire à l’aide de raccourcis oraculaires, l’essence de la doctrine des soufis qui est à la recherche du dévoilement de Dieu par la voie des théophanies », comme en témoigne le Récit de la troisième vision extatique de Mohammad Nûrbakhsh (pp. 164-165) : « Je vis apparaître des mers de lumières multicolores. Dans chacune de ces mers, je nageai et je plongeai durant un million de tours du grand cycle cosmique. À chaque tour que j’effectuai, la Présence divine se révéla un million défais, et à chaque théophanie, j’obtins abolition et subsistance. [...] Durant un million de tours du grand cycle cosmique, je fus aboli. Puis je subsistai. Alors j’entendis ces vers : Ô Quémandeurs de Dieu insatiables, / Ô Chantres nostalgiques de l’ardent désir, / du vin mystique que vous célébrez, / nous avons absorbé le breuvage. Durant un million de tours du grand cycle cosmique je tombai en extase sous l’effet de ces vers. Et je pénétrai dans d’autres mers de lumière, où je nageai et où je plongeai. »