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Dernières nouvelles du Paradis

 Créé puis déposé dans une steppe aride la poussière y symbolise sa finitude – Adam se tâte. II est vivant, mais en a-t-il conscience ? Roger Munier s’est plu à tourner et retourner en tous les sens les pages inaugurales de la Genèse, attiré par les malheurs du premier homme, parachuté dans un paradis truffé d’embûches où il fait l’expérience nullement édénique de sa condition mortelle.
 Philosophe de formation, l’auteur collabora à la collection spiritualiste L’espace intérieur chez Fayard et traduisit quelques grands penseurs. Privilégiant la fusion entre philosophie et poésie en prose (près de cinquante titres parus à ce jour !), Roger Munier propose avec Adam une réflexion aussi vaste que sagace sur le concept de péché originel.
 « Tu m’es une poignante énigme », soupire l’Ange observant Adam morfondu dans son désert, « de l’ennui profond de l’absolument esseulé ». Pourquoi l’Éternel créa-t-il un être aussi singulièrement imparfait, dont la Chute était quasiment inscrite dans ses gènes ? Transféré dans le Jardin de Dieu, Adam jette un œil morne sur cette clôture enchanteresse où le serpent aux louches desseins rampe déjà ; où le maudit pommier trônant sur la place le nargue de ses beaux fruits ; et où Ève, affamée de connaissance, brise la monotone idylle des lieux, découvrant ce faisant trop tard que le paradis ne pouvait être connu que dans sa perte. Rude épreuve !
 Conte philosophique, Adam aborde avec virtuosité les mille facettes d’un drame inscrit d’emblée au programme divin afin que l’humble mortel soit.