Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Dehors

 Le Prix Européen de Littérature 2007 vient de couronner à Strasbourg le travail de soixante ans d’écriture de l’un de nos plus éminents écrivains d’Europe du Nord, Bo Carpelan. Lors de son discours de réception lu par la poétesse Tua Forsström, le poète a confié qu’il a découvert, dans les années cinquante, un livre au titre symptomatique "L’appareil photo du poète" et c’est bien avec l’oeil d’un photographe que Bo Carpelan écrit.
 Dans Dehors, "L’arbre est à nouveau un arbre", le poète cherche "la clarté dans le dicible" et semble avoir trouvé ce qu’il nomme "la simplicité". Car c’est avec son âme nue que Bo Carpelan nous interpelle dans le presque rien où il demande à chacun de "Rallier son propre silence, sa propre consolation et rien de plus".
 Pour toucher à l’infime et aller au plus nu de soi, Bo Carpelan a d’abord cherché ses réponses dans le silence. Aujourd’hui dans Dehors et en particulier dans l’essai intitulé Credo de novembre, Bo Carpelan parle pour lui-même et s’écoute à l’intérieur de ses pensées.
 Dans ce texte magnifiquement traduit par Pierre Grouix, Bo Carpelan nous dit : "Le destin de la vie se passe de mots". Et pourtant, à l’instar du poète, nous entrons avec lui dans la clarté d’un paysage intérieur au coeur ou dans le choeur même du poème qui chante le quotidien en nous faisant nous incliner vers l’ombre et nous tourner, dans le même temps, vers la lumière.