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D’une obscure présence

 Gérard Pfrster, né en 19 51, est déià l’auteur° de plusieurs recueils et traductions. C’est en 1975 qu’il créa avec plusieurs amis ie groupe Arfuyen dont les publications sont d’une rare qualité. C’est justement Arfuyen qui publie son dernier ouvrage : D’une obscure présence. Il a su conquérir cette simplicité, cette transparence qui constitue la part la plus difficile et la plus précieuse de l’art. Les textes sont courts et tentent de recueillir humblement des fragments d’un monde superieur d images préexistàntes : « seule l’imagination témoigne ’/ que du monde reste encore ce va-et-vient du souffle... ».
 
Un sens quasi religieux de la pureté du langage apparaît. Il faut les préserver de toute souillure au service des idoles. Aussi l’auteur recommande-t-il à propos des mots : « quand s’ouvre leur corolle / et s’élèvent leurs parfums / laisse les s’évanouir dans ton rêve », « mince », « fin », « presque », « un peu »... sont des termes qui reviennent fréquemment car « dans l’extrême transparence apparaît la profondeur ».
 
Le poème tend parfois vers l’aphorisme moral puisqu’il s’agit de s’abandonner, de s’oublier pour entrevoir un réel qui nous dépasse et ne nous appartient pas : « Tu n’as rien à servir, rien a trahir / qu’un secret qui ne nous appartient pas ». Dans ces textes aux images raffinées, quelques mots un peu usés apparaissent ici et là (« aube », « l’obscur », « l’absence », ce dernier terme étant aussi commun aujourd’hui que la rose au 16° siècle ...). Mais la beauté du recueil n’en est quasiment pas affectée. Des pages précieuses.