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Cracheur de feu

Je recherche le sens du mot trivial… Convient-il à cette langue si vivante, articulée comme du latin, huilée et souple, chaude comme du pain qui sort du four ? « Comment es-tu devenu poète, c’est un mystère ! / D’où a pu te venir ce talent ? Disons : J’avais deux oncles, Joe et Harry - l’un était bègue, l’autre était muet. » 

Dans leur humour féroce, ces quatre vers résument le destin de l’écrivain inclassable, intempestif, qu’est Tony Harrison. Je ne peux mieux faire que recopier ces premières lignes de la quatrième de couverture, qui donnent le ton de ces « Sonnets de l’École de l’éloquence » pleins d’images et de corps, « On t’a pas élevé pour écrire de telles saletés », dit la mère.

La saleté, c’est sa mort qui ne laisse qu’un cadavre à brûler. Celle du père. Mais quand le père meurt reste le fils. Et « malgré mes cordes vocales brûlées, noircies, il y aura toujours un chant venu des flammes ». Le texte du film-poème Le regard de la Gorgone fait superbement suite à ces sonnets.