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Ce qui écoute en nous

Qu’est-ce qui fait que parmi tant de recueils de poésie nouvellement parus qui nous tombent dans les mains, puis des mains, décourageants par leur abstraction ou lassants par leur banalité, de temps en temps il en est un qui nous dit, dans la simplicité de ses mots, quelque chose de fondamental et de neuf à la fois ? Telle est la vertu de Ce qui écoute en nous d’Alain Suied, qui vient après plusieurs autres de poésie. 

Il parle de la mémoire, de l’exploration du passé, de l’enfant, de l’autre, de l’amour, des rêves. de la condition juive, tout cela d’une façon simple et, en même temps, ménageant le mystère ; d’une façon que l’on pourra juger prosaïque, dans ses vers libres et courts, mais dont on ne niera pas qu’elle se montre attentive au profond en soi-même, à l’enfoui. Il évoque aussi l’affrontement de la Limite, du seuil, de la frontière, de la rive où se découvre le vide central (mais qui constitue la parole), le silence, le manque, l’absence – ou bien une présence virtuelle, une lueur, un chant –, ou encore, peut-être, ce qu’on ne pressent que parce qu’il écoute en nous.

Parce qu’il s’affronte au réel en sachant se dessaisir des prétentions du moi et de la construction idéologique d’une « réalité », le poème est ce qui permet l’ouverture. « Le poème est en avant de nous.  »