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Ce qui écoute en nous

 Alain Suied se tient depuis longtemps « au plus près / du royaume / déserté ». La poésie a pour lui la fonction éminente, essentielle, de dévoiler la nudité de l’être de l’homme, « le vide originel ». Il y parvient dans de courts poèmes qui ressemblent à de sombres monuments dressés sur une route infinie, d’une dureté de silex, serrant en elle le feu premier. Monuments pour rappeler, contre toute disparition, « l’origine / fatale mais vivante », pour opposer une écriture en alerte à toutes les bêtes embusquées au fond de nous. Monuments pour s’opposer à la menace toujours possible des ombres qui rôdent en nous ou autour de nous :
 Tu scrutes le regard 
 sans regard du monstre 
 qui répond à ton appel 

 Tu défies le témoin 
 muet qui veille
 sur le seuil du désir.
 On songe à cette géologie de l’homme, vertigineuse et terrible, que Pierre-Jean Jouve esquissait dans le début de l’avant-propos de Sueur de sang. Alain Suied la double aussi
d’un homme passionné par le mystère de l’homme et désireux de trouver la juste parole pour partager et faire aimer sa vérité.