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Au front des sapins

 Elle chanta pivoines et lilas avant de chanter aujourd’hui les sapins. C’est Noël chez Maximine. Noël une fois de plus, Noël encore une fois. « Que neigent neigent les hivers » de « Tous ces sapins ces bateaux ivres / Et dont le ciel serait le port... »
 Elle traduisit, un jour les poèmes de Rilke. Vit aujourd’hui à Paris dans une vive fidélité à son Jura natal – elle y est née en 1952 après avoir partagé sa vie professionnelle entre enseignement et bibliothèques. Publia en revue, au fil du temps, poèmes et notes critiques. Apprivoisa la Chine, où ses textes sont publiés en deux livres d’art.
 Maximine Lagier-Durand chanta pivoines et iiias avant de « dresser là devant nos yeux », signale une note de Jean Mambrino, de fiers sapins, ou sévères et ténébreuxux, tenaces et secrets, ou pensifs et mélancoliques : « Grands méditants sentencieux », dit-elle, hiératiques hyéroglyphes dont l’école immense au fil du temps lui fit « le cœur comme un buisson ». Aiguilles et chansons pour l’ourlet de l’amour lointain : nos âmes sont des forêts,
« nous avons au cœur des entailles qui vous ressemblent », songe ici Maximine. « Dieu que la nuit est solitaire / Et je n’ai que vous où mon cœur / Puisse aller griffures griffures ». 
 Arbres « fous de droiture et de beauté / De rectitude et de mystère ». L’élégant hommage qui leur est rendu par la poétesse, et rendu aussi, puisque c’est Noël une fois de plus, à ce « règne immense et pacifié / sous la neige – une et diamantée », cristallise une fine méditation aussi sur la vie-même : « Ô refus des assauts du blanc ! / On dirait les mort enlisés / – Lentement ils se sont levés – Qui marcheraient vers les vivants. »
 Mémoires d’enfance, « Entre le Noël où l’on danse / Et les loups que l’on racontait ». Mais émotions et amours d etoute une existence déjà : « Pépinière à mes amours / Sans vous je n’aurais rien su / D’aimer – d’écrire non plus. (...) Parfois j’envie votre sommeil / De haute sève brune où traînent / Les soubenirs du monde entier. »
 Et la louange ici est infinie. « Vous fûtes les destinataires / De plus d’une de mes, prières / Ah sapins je vous revaudrai / La ferveur qui me fut donnée ». À charge de revanche, émue, amoureuse : « Quand je ne serai plus / qu’une pierre dans la vallée / À mes fils au temps vous direz / Le songe en vous que je vécus ».