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Au front des sapins

 La tonalité de ce recueil paraît plus grave que celle des livres précédents de Maximine. Les sapins en sont l’image, à la fois arbres des sombres forêts, et pourtant arbres toujours verts. Ce sont les sapins de son pays natal (la Franche-Comté), de son enfance, du souve¬nir, du retour vers cette part de soi (de soie), toujours présente, mais aussi de la vie toujours présente aussi, même sous la neige de l’hiver et des ans.
 On aime retrouver cette poésie, la plus simple (apparemment), la plus secrète qui nous donne à profusion ce que nous attendons d’elle, si rare aujourd’hui : l’émotion des sentiments et la beauté du chant. On y entend (et on la reconnaît car c’est la nôtre) cette connivence de notre âme aimante et blessée avec la nature (Mikel Dufrêne disait que toute poésie n’a qu’une seule source d’inspiration : la nature, la terre). On retrouve l’harmonie subtile des poèmes de Maximine, qui nous séduit depuis Quotidienne à son amour (Paroles d’aube, 1998), jusqu’à ses Visiteuses (Maison de la Poésie, 2003). Dans une versification souple, un chant personnel court au long de ces qua¬trains d’octosyllabes qui imposent mieux qu’une voix : un style. Lisez ce recueil. Il est d’un vrai poète, espèce rare.
 Ils montent aux créneaux du bleu 
 Ils ont des bardas de nuages 
 Pour la violette sauvage 
 Ils sont prêts à provoquer Dieu

 Sapins vieux sapins mon enfance 
 À votre ombre sereine doit 
 D’être paisible assise là 
 Loin des boucans et des démences

 Arrêtez-vous frères massifs 
 – Chez vous on ne met pas de bombes 
 – Chez vous c’est la neige qui tombe 
 Étonnant les grands loups pensifs