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Au front des sapins

 Du végétal à l’humain, Maximine sait lever cette sève poétique que nous portons tous depuis l’enfance dans le terroir de notre mémoire. Après les lilas et les pivoines, elle invoque « l’immense école des sapins » dont elle loue les « majuscules de verdure ».
 Son enfance passée au milieu des sapins dans le Jura, Maximine nous la restitue en « transcrivant » l’écriture des sapins. « Il faut lire les sapins / À l’envers de tous les ciels », nous crie-t-elle dans l’écho blanc de son recueil. Les sapinières de l’enfance sont la pépinière des poèmes premiers que l’auteure a portés en elle jusque dans ce cœur blessé.
 L’encre, la neige et le sang ont partie liée dans une écriture belle, sensuelle, ruisselante de splendeurs, baignée d’images baroques où « balafrée petite fille », « splendides guenilles », « les loups peureux » nous ramènent dans la pensée magique et sauvage de l’enfance. Maximine, magicienne du verbe, se fait ensorceleuse et sort de son escarcelle des trésors flamboyants et rutilants de lumière pour nous chanter les « Hiératiques hiéroglyphes » qui sont aussi « des pinceaux pour l’espérance ».
  Au front des sapins est un hymne incantatoire qui célèbre dans la jubilation l’écriture qui s’écrit. C’est un bonheur de lecture et de relecture, un livre qui s’ouvre et s’illumine comme un cœur de verre dans la forêt sombre de la mémoire, une pomme d’amour de l’enfance sucrée au miel de sapin, à laisser fondre tout doucement dans cette langueur de l’être où naissent les mots de l’âme.