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Y

Y. C’est la vingt-cinquième lettre de l’alphabet et la sixième des voyelles. C’est aussi l’adverbe de lieu qu’à force d’utiliser dans les anodins « il y a » et « j y suis, j y reste », on a tristement dévalorisé. Gérard Pfister a sorti l’y de l’oubli, et le réhabilite dans de brefs poèmes (proches de l’haïku japonais) où les mots, eux aussi sauvés du magma quotidien, dansent en liberté, et provoquent chez le lecteur de curieuses surprises. 

« D’un seul mot écrit / combien / de sens / se dispersent », avoue-t-il dans l’un d’eux. Ces deux petits recueils blancs – remarquablement édités – procèdent parfois d’un esprit dadaïste après la lettre, mais gardent avant tout une teinte très personnelle, parce que totalement affranchie des archétypes et des exigences poétiques.

Avec Gérard Pfister, c’est un souffle de jouvence et d’énergie qui parcourt le territoire des mots et des images. Un sang neuf, en quelque sorte.