• Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Et puis après…

En juin dernier, paraissait aux Éditions Arfuyen à Paris un troisième recueil posthume : Et puis après... Que dire de cette parution sinon qu’elle est parmi les ouvres les plus graves du poète de Mère ? Faut-il la situer pour cela en tant que lecture plus difficile. Certes pas ! Maurice Carême a toujours su préserver cette « divine » simplicité pour exprimer l’essentiel de sa pensée, pour dire l’inexprimable de façon si évidente que l’on s’étonne d.y déceler ces niveaux de lecture que l’on ne s’attendait pas à y découvrir. Les mots prennent des résonances qui touchent le lecteur au plus profond de l’être. Ils nous parlent de cet essentiel sur lequel les hommes s’interrogent depuis la nuit des temps.

Carême n’ignore rien – n’a-t-il pas été un passionné des philosophes dont il n’a cessé de remettre en question la lecture – du tragique de l’existence, de la misère de l’humanité. Et c’est cette conscience qui lui a fait aussi chanter la vie, le bonheur comme peu l’auront fait. Et cela justement parce qu’il sait que la joie de vivre est une conquête permanente sur tout ce que l’existence a de négatif, de cruel.

Ce que nous vivons aujourd’hui nous rend cette lecture plus authentique, plus actuelle. Tant il est vrai que les vrais poètes – tout comme les vrais artistes – n’appartiennent pas à une époque déterminée, mais à tous les temps et ne perdent – avec les années - rien de leur pouvoir. Villon, Ronsard, Hugo, Apollinaire – même s’ils sont marqués du sceau de leur temps – sont toujours vivants et – comme l’a si admirable écrit Charles Baudelaire – « tels qu’en eux-mêmes, enfin, l’éternité les change ».