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Georges-Daniel ARNOLD

(1780 - 1829)

Georges Daniel Arnold est né en 1780 à Strasbourg. En 1794, il décide, à moins de 15 ans, de commencer des études de droit à l’université de Strasbourg et adhère aux idées révolutionnaires.

Il est nommé en 1806 professeur à Coblence. Rentré en Alsace en 1809 à la suite de son ami Lezay-Marnésia, il est nommé professeur d’histoire à la Faculté de Lettres, puis professeur à la Faculté de Droit de Strasbourg.

Arnold a déjà publié des poèmes en allemand, ainsi que des « Notices sur les poètes alsaciens ». Mais c’est avec "Der Pfingstmontag" (Le Lundi de Pentecôte, 1816), première pièce de théâtre en dialecte alsacien, qu’il accède à une véritable reconnaissance littéraire.

Goethe salue la pièce dans un long article. Le texte est plusieurs fois réédité, en Alsace et en Allemagne, avec des dessins du peintre Théophile Schuler.

Arnold se marie à Ribeauvillé en 1823. Il meurt subitement le jour de son 49e anni-versaire, le 18 février 1829, à Strasbourg.

Grâce à une souscription publique, un mo-nument a été érigé au cimetière Saint-Gall où il est inhumé.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le Lundi de Pentecôte

REVUE DE PRESSE

« Nom d’un chien de salade de lard aux choux ! », par Serge Hartmann (DNA)
DNA , par Serge Hartmann

Il y a deux siècles, Georges-Daniel Arnold écrivait un texte fondateur du théâtre dialectal, salué alors par Goethe : Le Lundi de Pentecôte. Il y restituait, dans le Strasbourg de 1789, la saveur d’une langue dont Roger Siffer et Suzanne Mayer signent aujourd’hui la traduction d’une première édition en français.

« C’était la pièce dont tous les grands anciens parlaient. Les Germain Muller, les frères Matthis et Gustave Stoskopf… On continuait d’évoquer Georges-Daniel Arnold et son mythique Lundi de Pentecôte , mais plus personne ne l’avait lu », commente d’emblée Roger Siffer. Et le patron du théâtre de la Choucrouterie d’ajouter : « À commencer par moi ! »

Comment lui en faire reproche, sachant que la dernière édition du Pfingstmontag remontait à 1941 ? De même, ce texte célébré par Goethe qui en signera une enthousiaste introduction, dans une édition illustrée par le Strasbourgeois Théophile Schuller, n’avait jamais fait l’objet d’aucune traduction en français. […]

Si la pièce est supposée se dérouler en 1789, ne croyez pas pour autant y sentir souffler le vent de l’Histoire. L’auteur y recourt aux vieilles recettes de jeunes gens dont les amours sont contrariées et ajoute pour épicer une action plate comme une bordure de trottoir une bastonnade à la Scapin – les agresseurs, comme de bien entendu, se trompent de victime, « mais puisqu’il s’agit d’un personnage peu sympathique, ça passe », résume Roger Siffer.

C’est justement parce qu’il avait bien conscience des qualités et défauts de ce Lundi de Pentecôte que Gérard Pfister est allé frapper à la porte de Roger Siffer, homme de théâtre, cabarettiste et orfèvre du dialecte. Avec sa compagne Suzanne Mayer, enrôlée dans l’affaire, ils se sont donc lancés dans un travail de traduction qui se révéla bien plus difficile que prévu. « Nous avons dû nous livrer à un important travail de recherches, de documentation… En plus, Arnold écrivait en alexandrins ! C’est fou ! Et pour faciliter encore les choses, l’édition de référence sur laquelle nous avons travaillé était en gothique ! Heureusement que Suzanne, née en Allemagne, en maîtrise la lecture ! »

Une action qui se résume à un électrocardiogramme plat explique que le Pfingstmontag ait disparu du répertoire des théâtres alsaciens. Cela paraîtra paradoxal pour un texte dont beaucoup considèrent qu’il est fondateur du théâtre dialectal, dépassant le stade des farces alors en cours, « les commérages de femmes » Fraubasengespräche.

« Son intérêt principal, c’est la langue, ce qu’on découvre du Strasbourg de la fin du XVIIIe siècle, les passages sur les fantômes rôdant dans certains quartiers, les jeux des enfants, les recettes de cuisine… C’est un tableau de l’Alsace de l’époque, avec ses personnages, ses types sociaux », observe Susanne Mayer.

Dans la préface de cette traduction, Dominique Huck explique qu’Arnold, loin de toute gloire littéraire, entendait d’abord rendre hommage au dialecte strasbourgeois pour lequel il éprouvait une tendre affection. Ce qui ne l’empêche pas non plus d’y montrer « la diversité des parlers qui ont cours en Alsace ».

Pour Arnold, qui s’en explique dans une édition ultérieure, « notre dialecte sonne avec franchise, candeur et force ». Un Goethe, dont on sait qu’il était attentif aux cultures et traditions populaires, ne s’y trompa pas. Et salua dans une longue préface la valeur de cette pièce. « Elle mérite bien que nous continuions à nous en occuper pour contribuer à sa diffusion à venir. » Roger Siffer et Suzanne Mayer n’ont rien fait d’autre.

[L’article de Serge Hartmann dont nous reproduisons ici des extraits a été publié dans les Dernières Nouvelles d’Alsace le 19 mars 2016.]