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Apologie du silence

 Un livre singulier : ces proses sont d’un moraliste et d’un poète. Quoique dans le radicalisme de ce qu’il exprime – que je me permets de résumer par le vers de Vigny : « Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse » – l’auteur réfute toute poésie de divertissement (et ne se donne aucun plaisir d’images), c’est un phrasé savant et harmonieux qui fait entendre le chant de son désespoir constitutif, ontologique...
 Maumejean déclare affronter « le péril d’une parole qui se repaît de ce qu’elle doit taire ». Un rituel personnel est dédié à ce projet : son écriture ne se condense que pendant les quinze jours annuels des vacances de février. L’ouvrage, en quatre parties, ou quatre phases de création, médite sur la vanité de dire, sur la mort, sur l’opus 111 de Beethoven, sur la mort de Socrate dans le Phédon de Platon.
 On ne saurait être plus spirituel avec un message si empreint de nihilisme.