Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Antonio Gamoneda

 La réédition française revue et complétée du Livre du froid d’Antonio Gamoneda, paru en Espagne en 1992, et l’édition de Clarté sans repos, Prix européen de Littérature 2006, paru
lui en 2004 et constituant le dernier livre du poète, avec des échos testamentaires, permettent de mesurer l’importance de cet auteur dans la poésie contemporaine mondiale. Jean-Yves Bériou, traducteur du Livre du froid avec Martine Joutia, introduit remarquablement l’œuvre de ce poète, né en 1931 et vivant à Leon : « C’est adossé à la mémoire, et du point de vue d’où se contemple la mort, dans un jeu paradoxal d’apparitions et de disparitions, qu’Antonio Gamoneda a écrit ce livre essentiel de la poésie contemporaine, où t`énigme ne sourd pas du rêve, mais d’une veille habitée d’images à la netteté hallucinatoire. » (...)
 Clarté sans repos accentue ces méditations funèbres, d’autant plus violentes qu’elles ont
la crudité de la vie. La cruauté du temps semble émaner des gestes, des machines, des outils, du rien qui nous environne mais qui détient la mémoire de toute chose : « Il y avait des fleurs embrasées, du coutil / sur la machine qui pleure. / De l’huile et des pleurs sur l’acier, / des hélices et des nombres sanglants / dans la pureté de la colère. » La partie qui achève le recueil et donne son titre au livre offre, dans sa longueur éclatante, une mémoire à l’oeuvre même du poète en interrogeant la mémoire d’un temps perdu.
 Suivi en postface d’un texte extraordinaire de Gamoneda sur sa poésie, ce recueil récent confirme avec émotion le génie du plus grand poète espagnol depuis Garcia Lorca.