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Antonio Gamoneda, Prix Européen de Littérature 2006

 Le Prix Européen vient couronner on ne peut plus explicitement l’ambition universelle du Prix Nathan Katz : il distingue Antonio Gamoneda, figure emblématique du combat anti-franquiste et grande voix de la poésie espagnole contemporaine.
 Une œuvre essentiellement marquée par l’expérience d’un enfant né en 1931, élevé par sa mère dans la province ouvrière du Leon, où le gamin connaîtra pauvreté et misère, sanglante répression politique, et où l’adolescent entra lui-même en poésie en même temps qu’en militance anti-franquiste au sein d’un groupe d’amis peu à peu décimé par les suicides, la folie, la déchéance.
Et ce « souvenir amer », toute cette expérience d’homme, nous dit Jacques Ancet, son traducteur français, hante l’expérience poétique de Gamoneda. Marginalité provinciale, et littéraire, et sociale – tel est l’essentiel enracinement du poème de Gamoneda, et ce sont difficiles héritages, où le poète de tout temps affronta l’expérience de la mort : c’est le motif central d’une oeuvre ponctuée par quelques recueils disponibles en français – Livre du froid, Pierres gravées, Froid des limites, composé avec Antonio Tapies, Blues Castillan... –, et organisée autour d’un grand poème biographique publié en 1977 et traduit chez Corti, Description du mensonge.
 Et poème manifeste – publié par Arfuyen à l’occasion de la remise de ce Prix Européen –, Clarté sans repos en reprend encore une fois la sombre chronique : l’écriture poétique est pour Gamoneda une façon d’aller à la rencontre de sa mort, et parce qu’il envisage toute chose au miroir de cette seule vérité de la mort, le poème est le récit – la description – de ce mensonge, de cette « fiction nécessaire », qu’est la vie.