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la montagne d’Arfuyen...

Les Éditions Arfuyen ont été créées en 1975 par un petit groupe d’amis sur une montagne au bord du massif des Dentelles de Montmirail, là même où, durant la Résistance, René Char avait écrit ses magnifiques Feuillets d’Hypnos.

... au bout d’un chemin bordé de genêts...

Pas facile de trouver le siège des Éditions, en prenant d’abord la route de Suzette, puis le « chemin de Notre-Dame-la-Blanche » (c’était l’adresse des Éditions), de plus en plus pierreux et brûlé de soleil à mesure qu’on montait

... une maison de berger

On arrivait au bout d’un kilomètre à une petite maison de berger, sans eau, sans électricité, sans téléphone. Un ermitage qui, pouvait faire penser à ceux des montagnes d’Ombrie. Là était le siège des Éditions.

... non loin de Malaucène...

Le village le plus proche était Malaucène, au pied du Mont Ventoux. C’est de là que Pétrarque était parti pour sa fameuse ascension.

...juste en face du Ventoux

De la maison orientée plein est, on avait une vue admirable sur le Mont Ventoux. Pour éviter la chaleur on en faisait l’ascension de nuit par des raccourcis magnifiques.

Première publication : le cahier n°1 de la revue Arfuyen

Les Éditions commencèrent par publier une revue, au format 19 x 25 cm, de couverture ocre. Ce numéro de revue Arfuyen n° 1 est épuisé depuis longtemps...

... en frontispice : la Création du monde

En première page apparaissait en noir et blanc une planche réalisée par Jean Lurçat pour le livre d’André de Richaud, intitulé La Création du monde. Puis, page 3, le texte d’ouverture : « Par expérience », de Yves Bonnefoy. Comme une devise...

... et une exposition à la chapelle du Collège de Malaucène

À l’occasion de cette parution une exposition fut organisée dans une vieille chapelle située juste derrière l’église fortifiée de Malaucène. De nombreuses œuvres, signées de Villon, Picabia, Cocteau etc., prêtées par notre ami Pierre-André Benoit. Cette entreprise peu commune fut, comme il se doit, chaleureusement saluée par la presse locale. Notre ami Alain Grunenwald était alors très engagé dans le travail des Éditions.

Nos deux références majeures : Margherita Guidacci

La poétesse italienne Margherita Guidacci a été depuis toujours pour les Éditions Arfuyen une grande référence. Lorsqu’elle a été invitée en décembre 1990 à Paris par Marie-Claire Bancquart, directrice de la Maison de la Poésie, nous avons organisé en son honneur une petite réception. Charles Juliet était là.

... et Roger Munier

Roger Munier a été pour Arfuyen l’autre référence majeure. De Terre sainte en 1979 à Pour un psaume en 2008, nous avons publié avec lui de très nombreux livres, ainsi que sa superbe traduction des distiques d’Angelus Silesius, parue une première fois en 1993 sous le titre L’errant chérubinique.

Le Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice...

Les Éditions Arfuyen sont très tôt devenues des fidèles du Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice. Depuis l’origine, nous avons partagé un double stand avec nos amis Michel Camus et Claire Tiévant, responsables des Éditions Lettres vives. La présentation était encore assez fruste, et notre fils Guillaume pas bien grand.

... est tout un apprentissage...

Avec le temps, des progrès ont été réalisés : cloisons tapissées, sous-verres, fleurs...

...et parfois un sauna...

Mais le climat de la place Saint-Sulpice reste capricieux. Et on ne sait si le plus à redouter est la pluie diluvienne qui détrempe les livres, ou la chaleur écrasante qui transforme les cabanes en fermes solaires...

... mais aussi un merveilleux rendez-vous annuel

Quel autre lieu à Paris où les écrivains les plus différents puissent se rencontrer ? En 2007, les trois premiers lauréats du Prix Jean Arp se trouvaient ensemble pour la première fois : de gauche à droite Henri Meschonnic, Marcel Moreau et Jean Mambrino.

Les services de presse sont des fêtes...

Les services de presse se sont toujours faits rue Le Marois. Marie a été très tôt une admiratrice d’Eugène Guillevic.

.. pour les auteurs et les enfants...

Et la parution du Poème de Luc Boltanski fut un événement marquant pour Charles.

L’aventure de la Revue L’Autre...

L’édition de livres ne donne pas le même sentiment d’excitation que la préparation d’une revue. Quoi de mieux que de créer et d’animer une nouvelle revue avec des amis eux aussi éditeurs ? En novembre 1990 paraît le premier numéro de la revue L’Autre.

... avec François Xavier Jaujard...

François Xavier Jaujard habitait non loin et nous avions la plus grande admiration pour le subtil mélange de rigueur et de panache avec lequel il dirigeait les Éditions Granit qu’il avait créées. Il fut le premier à se joindre à ce projet. Sans sa générosité d’esprit et la finesse de son discernement, rien n’aurait été possible.

...Marwan Hoss, Michel Camus...

Michel Camus, des Éditions Lettres vives, s’est joint d’enthousiasme à ce projet, auquel notre ami Marwan Hoss a accepté d’apporter son soutien dans le domaine artistique et littéraire mais aussi en tant que mécène.

... et Valérie Catherine Richez...

Valérie Catherine Richez, qui venait d’arrêter sa revue Tout est suspect accepta aussi de se joindre à nous. Le Comité de rédaction était ainsi au complet.

...demeure un exceptionnel moment de partage

Travailler ensemble au service de ce projet fut une expérience passionnante. Nous avions encore l’enthousiasme qu’exige la préparation d’une revue et nous avions bien plus de possibilités que la plupart des revues débutantes. Hélas, la crise économique du début des années 90 obligea la revue à interrompre sa parution dès son numéro 5, un somptueux numéro spécial sur Pierre Jean Jouve. Peu de temps après, François Xavier tombait gravement malade.

C’est grâce à Mohammed Oudaimah...

Notre ami Mohammed Oudaimah vit maintenant depuis des années au Japon. Malgré internet et l’avion, les relations ne sont plus si faciles que lorsqu’il était à Paris, jeune étudiant syrien épris de poésie, de spiritualité et de liberté.

... et à Marwan Hoss...

Lorsque nous nous sommes liés d’amitié avec Marwan Hoss, il venait d’arriver du Liban. C’était bien avant qu’il ne crée lui-même sa superbe galerie de la rue d’Alger. Bien avant que nous devenions l’éditeur de son œuvre poétique. Marwan Hoss nous a fait un jour rencontrer Adonis. C’est ainsi que nous avons été les premiers, en mars 1982, à publier en France un volume consacré à ce poète : Les Chants de Mihyar le Damascène, traduit par Anne Minkowski.

... que la littérature arabe...

Les Éditions Arfuyen ont été aussi les premières, en 1988, à publier en français le grand poète Nizar Kabbani, si souvent chanté par Feyrouz et Oum Kalsoum. En 1998 a paru l’unique poème de Khalil Gibran en langue arabe, le Livre des Processions, traduit par Anne Minkowski et Adonis.

... a pris une grande place dans notre catalogue.

Après les Stations de Niffari ont paru les Chants de la recluse, de Rabi’a : deux véritables découvertes en français. La bibliothèque soufie s’est élargie depuis, notamment avec les Écrits des Maîtres soufis traduits du persan et de l’arabe par Stéphane Ruspoli.

De même c’est grâce à Alain Gouvret...

Fin connaisseur des civilisations chinoises et japonaises, Alain Gouvret nous a fait découvrir des domaines alors très peu explorés.

...que nous avons très tôt découvert les poésies chinoise et japonaise...

Dès 1980 a paru un cahier bilingue de poèmes de Li Shang Yin, Le torrent de jade. Dans les années 1980 ont paru plusieurs volumes consacrés aux grands poètes du haïku : Issa, Buson et Basho.

... et surtout le cher Takuboku

En 1979 paraît la première édition de Ceux que l’on oublie difficilement, d’Ishikawa Takuboku. Selon notre habitude, l’ouvrage est bilingue japonais-français. Quelques années plus tard paraîtra une deuxième traduction, Fumées, et bien plus tard, L’amour de moi et Le jouet triste.

Le poésie déplace les montagnes...

Dès la fin des années 1970, la petite maison de berger nous avait été reprise sans ménagement. Lorsque nous avons eu à penser à donner un ancrage aux Éditions, c’est tout naturellement vers le berceau familial que nous sommes revenus, en Alsace.

... du Mont Ventoux au Lac noir...

Au Lac Noir, nous nous trouvions à présent à près de 1000 m d’altitude, dans un climat rigoureux. La neige était abondante durant l’hiver et la végétation poussait aux mois de mai-juin avec une luxuriance inconnue sur les collines pierreuses du Vaucluse. Visible à l’horizon, la Forêt Noire.

... le changement était complet....

Le nouveau siège des Éditions n’était plus dérobé entre les genêts, mais caché au bout d’une longue allée d’épicéas. Ici pas de thym ni de serpolet, mais de hautes digitales et des épilobes. Après la fonte des neiges...

... mais la poésie est partout chez elle...

De l’autre côté de la montagne qui sépare la vallée d’Orbey de celle de Munster Halina et Alfred Kern avaient une grande maison dont le salon aux innombrables fenêtres avait une vue magnifique sur le Hohneck. Par le chemin des Hautes-Huttes, ils venaient nous rendre visite dans leur antique jeep volkswagen orange.

... et nous pouvions avoir d’autres passionnantes rencontres...

Les Alsaciens eux-mêmes connaissent-ils la richesse exceptionnelle de leur patrimoine littéraire ? Qui a lu les œuvres truculentes de Geiler de Kaysersberg ou de Jörg Wickram, qui connaît les poèmes du merveilleux Nathan Katz et des pittoresques jumeaux Albert et Adolphe Matthis ?

... également avec les nombreux Alsaciens en exil.

L’Alsace n’est pas qu’en Alsace. C’est une diaspora. Claude Vigée est de ces Alsaciens que l’histoire a contraints à l’exil, mais qui demeurent profondément fidèles à cette terre singulière entre Vosges et Rhin, ouverte plus qu’aucune autre aux quatre vents de l’Europe.

La création des Grands Prix Littéraires de Strasbourg en 2004...

Les Éditions Arfuyen ont été dès l’origine étroitement associées à la création des Grands Prix Littéraires de Strasbourg : le PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE, parrainé par la Ville de Strasbourg, le PRIX JEAN ARP DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE, parrainé par l’Université de Strasbourg, et le PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE, parrainé par l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA).

... et des Rencontres Européennes de Littérature en 2005...

Grâce à l’Université de Strasbourg et à la Ville de Strasbourg ont été créées l’année suivante les RENCONTRES EUROPÉENNES DE LITTÉRATURE, centrées sur le triangle constitué par l’imposant Palais universitaire, le Palais du Rhin lui aussi construit par le Kaiser Guillaume II, et la Librairie Kléber.

... permet de donner toute sa dimension...

La remise des Grands Prix Littéraires de Strasbourg dans les salons de l’Hôtel de Ville donne lieu chaque année à une réception impressionnante et émouvante. De gauche à droite, Antonio Gamoneda, Prix Européen de Littérature 2005, et son traducteur, Jacques Ancet, avec Henri Meschonnic, Prix Jean Arp 2005.

... à un lieu de culture exceptionnel...

Le PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE distingue chaque année, pour l’ensemble de son œuvre, un écrivain européen de stature internationale, afin de témoigner de la dimension culturelle de l’Europe. Conjointement avec ce Prix est attribuée une Bourse de Traduction. Ci-contre l’écrivain polonais Tadeusz Rozewicz en compagnie de ses deux traducteurs, Christophe Jezewski et Claude-Henry du Bord.

... doté d’un vaste rayonnement ...

Pour sa part, le PRIX JEAN ARP DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE se donne pour vocation d’appeler l’attention sur l’œuvre d’écrivains qui ont fait le choix de mener leur travail à l’écart de la pression commerciale et médiatique. Citons ses quelques-uns de ses lauréats : Jean Mambrino, Henri Meschonnic, Marcel Moreau, Bernard Vargaftig, Anise Koltz, Pierre Dhainaut, Marcel Cohen,Valère Novarina, Petr Kral. Ci-contre portrait de Jean Arp, fondateur du dadaïsme à Zurich en février 1916, avec Tzara, Hülsenbeck et Hugo Ball. Né à Strasbourg, à quelques pas de la Cathédrale, Arp se considérait avant tout comme poète.

... et d’un patrimoine immensément riche...

Le PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE distingue une œuvre du patrimoine littéraire alsacien, du Moyen Âge à nos jours, afin de témoigner de la richesse exceptionnelle d’une culture profondément marquée par le dialogue des langues. Ce Prix récompense également le travail d’un traducteur grâce à qui une œuvre majeure peut redevenir accessible aux lecteurs. Citons les premiers lauréats : Jean Hans Arp, (trad. A. Bleikasten), les frères Matthis (trad. G. Jung), Jean Geiler de Kaysersberg, (trad. C. Koch), Gustave Stoskopf (trad. Noctuel), René Schickele (trad. I. Kuhn et M. Staiber).

... à l’ombre de la Cathédrale.

Pour organiser Prix et Rencontres a été créée l’Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL) dont le siège est situé place du Marché Gayot, juste derrière la Cathédrale. Ainsi se retrouve à Strasbourg le même esprit d’échange et de découverte qui a animé depuis plus de 40 ans les Éditions Arfuyen.