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Emily DICKINSON

Ainsi parlait Emily Dickinson

SORTIE EN LIBRAIRIE LE 2 JUIN 2016

Collection "Ainsi parlait"
n°6, 152 pages, ISBN 9782845902343

13 €

« Vivre est si stupéfiant, il ne reste que peu de place pour d’autres occupations », écrit Emily Dickinson dans une lettre. Leçon essentielle à une époque comme la nôtre, qui donne tant de place aux « occupations »…

Comme celles d’Angelus Silesius ou de Novalis, l’œuvre d’Emily Dickinson dépasse les limites de la littérature pour atteindre à une méditation existentielle et spirituelle. Après deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d’Avila), deux philosophes (Sénèque et Lulle) et un écrivain (Shakespeare), elle a naturellement sa place dans la collection « Ainsi parlait ».

Emily Dickinson n’a rien publié de son vivant, mais les 1789 poèmes, 1049 lettres et 124 fragments publiés après sa mort constituent une œuvre ample et inépuisable où est frappant le contraste entre une sensibilité d’écorchée vive et une intelligence puissamment libre et lucide. Peu de personnes lisent l’intégralité des poèmes de Dickinson, moins encore lisent les lettres et les fragments, pourtant étroitement liés aux poèmes. L’un des intérêts du présent ouvrage est de proposer, année par année, une lecture parallèle de ces différents registres d’écriture.

T. W. Higginson, le seul à qui Emily Dickinson confia ses textes, a fait à sa femme Mary un portrait fascinant de celle qu’il nomme « mon excentrique poétesse » : « un trottinement pareil à celui d’une enfant », « une femme petite et quelconque avec deux bandeaux lisses », « une voix douce, effrayée et haletante d’enfant », « disant bien des choses que tu aurais trouvées folles et moi sages. » « J’ai bien peur, écrit-il à ses sœurs, qu’une remarque de Mary : “Oh, pourquoi les fous s’attachent-ils tant à toi ?” ne soit vraie. »

Folle ? Sage ? Emily Dickinson est une visionnaire, qui parle d’un lieu qui n’est ni vie ni mort. Une sibylle dont les paroles elliptiques livrent des vérités aussi foudroyantes que les fragments d’Héraclite auxquels elles font parfois penser ou à ce Shakespeare qui, disait-elle, lui a « apporté plus de connaissances qu’aucun être vivant ».