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Nicolas DIETERLÉ

Afrique et autres récits

En couverture, image de Nicolas Dieterlé

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°209, ISBN 9782845901896

15 €

Nicolas Dieterlé n’a de son vivant jamais souhaité publier aucun texte, mais laisse des écrits nombreux – récits, proses et poèmes. Il n’a également rien voulu montrer au public de son travail pictural, mais laisse plus de 500 peintures et dessins. De nombreuses expositions ont eu lieu. Un catalogue général en couleurs a paru ce printemps en même temps qu’une grande exposition a lieu dans une galerie du Quartier Latin. En couverture du présent ouvrage est reproduite une de ses peintures.

Après L’Aile pourpre (2004) et Ici pépie le cœur de l’oiseau-mouche (208), Afrique et autres récits est le troisième texte littéraire de Nicolas Dieterlé publié par les éditions Arfuyen. Son journal spirituel a paru sous le titre La Pierre et l’oiseau (Labor et Fides, 2004). Livre après livre, une œuvre est en train d’apparaître sous nos yeux que son auteur a délibérément voulue posthume et qui, par l’ascèse de ce travail de détachement peu commun, nous ouvre accès à une vision extraordinairement intense de ce monde des vivants que nous croyons connaître.

Les deux précédents ouvrages de Nicolas Dieterlé publiés par les Éditions Arfuyen étaient composés de fragments écrits dans les deux dernières années de sa vie. Le présent ouvrage montre un aspect fort différent de son œuvre littéraire, puisqu’il s’agit ici de courts récits, écrits sur une durée sensiblement plus longue et dans une grande variété de formes, qui va de la pure fiction à l’autobiographie en passant par des expériences oniriques ou des évocations de personnages réels ou imaginaires.

Ces récits se répartissent en sept ensembles : Afrique, Fictions, Rêves, Voyage au Bénin, Promenades, Portraits et Retour au Cameroun. Au-delà du premier cycle de textes auquel elle donne son titre, l’Afrique constitue le fil directeur de ce livre : du « Voyage au Bénin » de 1994 à l’ultime « Retour au Cameroun » en 1997, le continent noir où il a passé ses dix premières années a marqué de manière indélébile la vision de Nicolas Dieterlé.

Si dans bien des textes l’affinité profonde, inscrite dans ses origines familiales, avec le romantisme allemand d’un Novalis ou d’un Kaspar David Friedrich semble prédominante, c’est bien en Afrique que Dieterlé a établi l’intensité de sa relation avec le paysage et l’immédiateté de sa vision spirituelle. Il l’écrit lui-même dès les premières lignes du texte qui ouvre le cycle intitulé Afrique : « En Afrique, j’étais de plain-pied avec les choses et les êtres. Je connaissais intimement tel rocher, je me courbais avec la colline qui surplombait la maison, j’étais les yeux profonds du chien familier, je me dissolvais avec le nuage, à l’aube, dans la clarté montante du jour. Le soleil lui-même était issu de ma poitrine et je connaissais d’avance la splendeur de sa course qui s’achevait en moi. Quant à la terre, verte et rouge, immense et souple, elle ne faisait qu’un avec mon pied nu et chacun de mes pas renouvelait notre alliance. Ainsi, arpentant telle piste, j’en déchiffrais la large écriture faite de bosses, de trous, de cailloux épars et de branches, de mes seuls pieds amoureusement savants. »

Cet émerveillement premier de l’enfance africaine, toute son écriture sera là pour la retrouver autrement. Et ce sont les derniers mots du présent ouvrage, qui ouvrent sur toute l’œuvre, conçue comme une « seconde enfance » : « Semblables aux papillons de nuit tombés sur le sol, mes souvenirs n’en finissent pas de mourir et leur agonie interminable et lumineuse éclaire le chemin vers ma seconde enfance » (« Retour au Cameroun »).