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Afrique et autres récits

Nous avions en son temps rendu compte du recueil de poèmes de Nicolas Dieterlé, La pierre le l’oiseau. Il avait justement attiré notre attention sur l’écriture d’un journaliste exceptionnel autant que d’un poète discret et original sans affectation. Il a heureusement été retrouvé dans ses dossiers des textes maintenant rassemblés par l’éditeur sous le titre de Afrique et autres récits.

Récits, en effet, mais pas seulement des souvenirs de voyage et de découvertes, souvent poèmes en prose, rêves, promenades, portraits. « Le dessin et l’écriture permettent de tirer les choses de l’insignifiance à laquelle elles sont condamnées par notre aveuglement » (p.103). L’écriture légère et lumineuse d’un « monde imaginel » est réponse à une parole « Où es-tu ? » (p.135). La découverte de la beauté chantée par le regard d’un enfant neuf constitue une sorte de théologie révélée : « La Beauté est la face émerveillée que Dieu tourne vers le monde » (p.175). Comme le répète le récit biblique de la Création, « Dieu vit que cela était bon, très bon » (Gn 1).

Mais contrairement à nombre d’autres poètes - je pense à Rimbaud mais Dieterlé étudiait Novalis - « Je » n’est pas un « autre » et ses textes contemplatifs ont les senteurs fraiches du paradis plutôt que les chaleurs d’une « saison en enfer ». Notre vie doit « être lente, car sinon comment en recueillir les signes » (p.165). Et pour tout dire avec le dernier récit poétique, « Mon voyage au Cameroun », « ainsi je suis chargé de recueillir en moi les pulsations fugitives du monde secret et de les rendre sur la page en mots fluides et précis. Je suis ce traducteur amoureux » (p.170).

Trois ans plus tard, Nicolas est en effet « déchargé ». Comme si nombre de romantiques devaient mourir jeunes, alors que des romanciers vivent très longtemps ! L’auteur avait avoué : « Il suffit d’un seul bourgeon et tout est changé ». Mission accomplie.