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Absente retrouvée

Marwan Hoss ne se contente pas de diriger, avec un goût très éclectique, la prestigieuse galerie d’art qui porte son nom : ce Parisien né à Beyrouth en 1948 est aussi, et avant tout, poète. Les éditions Arfuyen avaient déjà publié un recucil de Marwan Hoss Le Retour de la neige, accompagné d’une encre de Pierre Soulages (1982).

Dans Absente retrouvéele poète a réuni de nombreux inédits de ces dix dernières années ainsi que des extraits revus et et fixés dans leur forme définitive de ses trois précédents recueils Le Tireur isolé paru en 1971 chez GLM grâce à la complicité de René Char – Messine où je passe (1980, Fata Morgana) et Le Retour de la neige.

Un extrême dépouillement, une nudité du texte proche de l’ascèse, une poésie très secrète : deux on trois vers au coeur de la page blanche où le dit, rare, n’est que signe vers le non-dit. Et pointant, dans le frémissement des marges, l’émotion affleure, et une douleur, très lointaine mais jamais « absente ». Encore faut-il, pour entendre « Au fond de l’océan / L’Enfant le plus profond du monde », plonger dans les silences du poète comme y invite ce quatrain en forme d’adage oriental : « Il est important / Pour /a mer sourde / Et la perle muette / Que le plongeur soit aveugle. »

Remontent alors du pays des profondeurs, du pays des origines –du Liban de l’enfance petit-être – une couleur retrouvée, une neige ancienne, et parfois, comme un écho de Georges Schéhadé dont Marwan Hoss fut proche : « Sur le sable de ses mains / Où marchent des villages / La neige a déposé le soir. »