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Chawki ABDELAMIR

(1949)

 Chawki Abdelamir est né le 12 septembre 1949 à Nassyria dans le sud de l’Irak, près du site sumérien d’Ur, et y a vécu jusqu’à l’adolescence.
 Il s’installe par la suite avec sa famille à Bagdad où il fait ses études universitaires.
 De 1970 à 1973, il enseigne l’arabe dans différentes villes d’Algérie, notamment Alger et Djidjeli.
Il retourne en Irak en 1973 pour accomplir son service militaire.
 En 1974, il vient vivre à Paris.
 Après des recherches sur la poésie arabe, il publie deux ans plus tard son premier recueil sous le titre Parole du chantre de la péninsule arabique.
 Chawki Abdelamir a traduit en arabe plusieurs poètes français, en particulier Guillevic. Il collabore à différentes revues arabes dont Mawaqif et Al Karmel et est l’un des fondateurs de la revue Le monde arabe dans ta presse francocophorre.
 Il a exercé après 1977 des fonctions diplomatiques à l’ambassade du Yémen du Sud à Paris.
 Il rejoint l’Unesco en 1994 où il est chargé de promouvoir la littérature arabe entre la France et le Liban.
 Chawki Abdelamir a traduit en français Adonis.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Parole du Qarmate

REVUE DE PRESSE

Chawki, un vent de liberté
Marginales (06/01/1988) par Gaspard Hons

 Le poème de Abdelamir Chawki est porteur de la parole et du souffle, de l’éclair et du silence. – Le poème, une porte ... murée dans le vide. On entre dans ce poème, comme dans un jardin. Ni réel, ni rêvé, ni abstrait, ni mental. On y entre, sans jamais l’avoir quitté. On y entend sa propre voix, on y tisse ses propres désirs :
 Le Qarmate m’a dit :
 j’ai porté mes frontières
 sur une pauvre monture.

 Dans la proximité du poème de Chawki, nous retrouvons l’amour, la générosité et cette révolte indispensable à l’aventure humaine. L’lllusion dit : Je suis la Vérité. Dans la proximité du poème, souffle un vent de liberté, d’exil. Une pensée libre comme ce vent sans maître : Pourriture des piliers tremblants de la saqesse.
 Tout en nous ouvrant sur la parole d’un Qarmate imaginaire, le poète nous renvoie à ces paroles innombrables qui peuplent le silence de nos livres.
  Le Qarmate m’a dit :
 J’ai conquis un minaret
 pour l’échanger contre une pieuse fumée.

PETITE ANTHOLOGIE

Parole du Qarmate
traduit par Mohammed Kacimi el Hassani et Guillevic
(extraits)

Maître Qarmate
Sur l’ossature du mot, j’ai touché
un cadavre et un pays
Pour eux j’étais arbres
et zénith
Sur l’ossature du mot, j’ai dressé
ma stèle
en m’inclinant sur mon voile de braise
j’ai étendu cette victime nommée Irak
Ma nudité est écorce
d’arbres qui poussent sur des mains
A El Sawad il n’est de sang
que pour EI Sawad
Dans les cités
pas de femmes
pas de butin
mais des hyènes acharnées sur un corps
et un vide qui devient voix
quand s’efface ta parole

*

Le Qarmate m’a dit
J’ai conquis un minaret
pour l’échanger contre une pieuse nuée

Ainsi est l’Orient
minaret de désolation
tourments
et terre
La mort des oiseaux ne dépeuple pas l’horizon
Dans les fosses les minarets vieillissant
deviennent foyers, pays, villes à prendre
et la voix demeure ton exil
Mais tu es Qarmate
tu as fait de la nuit une religion de l’aube
dans un mort en prière tu as trouvé ta foi
sur une selle de cheval
tu as établi ta terre

Maître Qarmate ! J’enflammerai ton ombre
j’ouvrirai ma fenêtre
pour que les déserts et la nuit viennent à moi
et délaissent la carte du monde arabe