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La Vie rêvée

Journal de poésie 1929-1933

SORTIE EN LIBRAIRIE EN 2 2016
Collection Neige
n°32, 320 pages, ISBN 9782845902268

20 €

Malgré une mort prématurée à l’âge de 26 ans, Antonia Pozzi (1912-1938) a laissé une œuvre considérable dont la publication posthume a révélé la force et l’originalité.

Vittorio Sereni, l’un de ses plus proches amis, reconnut le premier ses dons exceptionnels. Eugenio Montale admirait lui aussi la « pureté du son » et la « limpidité des images » de la poésie d’Antonia Pozzi. T. S. Eliot quant à lui se disait frappé par « sa pureté et sa probité d’esprit ».

Traduite en de nombreuses langues, elle est révélée pour la première fois en français avec la traduction intégrale du Diario di poesia, « journal de poésie » d’une tonalité très proche de la grande Katherine Mansfield. Le traducteur, Thierry Gillybœuf, a traduit en français des œuvres d’auteurs italiens de premier plan : Salvatore Quasimodo, Italo Svevo, Leonardo Sinisgalli et Eugenio De Signoribus. Il a entrepris de donner en français l’intégrale de l’œuvre poétique d’Antonia Pozzi, soit un ensemble bilingue de plus de 600 pages, en deux volumes.

Un an après sa mort, les éditions Mondadori publient sous le titre Parole un premier ensemble de ses poèmes (1939). L’année suivante paraît sa thèse : Flaubert. La formazione letteraria (Garzanti, Milan, 1940). D’autres éditions se succèdent : en 1948, Parole. Diario di poesia 1930-1938 ; en 1948, une édition préfacée par Montale. La parution des journaux et correspondances (notamment avec Sereni) révèle une personnalité complexe et attachante.

Le Diario di poesia est un journal entièrement fait de poèmes, qui, grâce à la vivacité du regard et à la limpidité du style échappent aux dangers de la complaisance comme du prosaïsme. Le premier texte de ce Journal est daté de Sorrente, le 2 avril 1929 – elle vient d’avoir 17 ans. Ce premier volume s’achève le 25 septembre 1933 : « Ô toi / voile – de ma jeunesse, / ma robe légère, / vérité évanouie – / ô nœud / luisant – de toute une vie / qui fut rêvée – peut-être – // oh ! pour t’avoir rêvée, / ma chère vie, / je bénis les jours qui restent – / la branche morte de tous les jours qui restent, / qui servent / à te pleurer. » Tels sont les derniers mots du poème écrit ce jour-là, « La vita sognata » (La vie rêvée), qui donne son titre à ce volume.

Stimmen

SORTIE EN LIBRAIRIE EN 2 2016
Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°227, 184 pages, ISBN 9782845902275

13 €

Antoine Raybaud a été l’un des grands enseignants et analystes de la littérature contemporaine. Successeur de Jean Starobinski à l’Université de Genève, sa pensée a laissé une forte empreinte.

Romancier et essayiste, Raybaud était avant tout poète : au-delà du court recueil Murs (1993), Stimmen est la somme poétique qu’il tenait à laisser et sur lequel il a travaillé durant toutes ses dernières années.

L’écriture d’Antoine Raybaud est profondément originale : marquée par la musique baroque et contemporaine, elliptique et raffinée, elle reste cependant toujours intensément sensible et personnelle. Le livre s’ouvre par un beau texte d’hommage du grand écrivain d’origine libanaise Salah Stétié.

Deux ans avant sa mort en 2012, Antoine Raybaud présente aux éditions Arfuyen le manuscrit de Stimmen, livre presque unique d’une vie pourtant consacrée à la poésie. Durant deux ans, avec un scrupule extrême, il continuera d’y travailler. Il écrit à la main la lettre d’envoi du manuscrit finalisé, qu’il n’a pas le temps de poster. C’est sa fille qui fait l’envoi après son décès.

Le grand écrivain libanais Salah Stétié, ainsi que son camarade d’études Jean-Claude Matthieu donnent un vibrant témoignage sur cet homme brillant et secret, reçu premier à l’École Normale Supérieure, professeur charismatique de l’Université d’Aix-en-Provence, cofondateur et président de la fondation Saint-John Perse et successeur de Jean Starobinski à l’Université de Genève.

Ce livre est la somme poétique d’un homme qui a écrit mieux que personne sur Rimbaud et la poésie moderne. Livre profond et mystérieux, pétri de culture et de pudeur comme la personnalité d’Antoine Raybaud. Six chants composent cette vaste symphonie : « Neumes », « Récitatif », « Lied », « Combattimenti », « Hors chant », « Saetas ».

Partout la référence à la musique : Monteverdi, mais aussi Dusapin et Berio. Partout la présence du mythe à travers Homère, Euripide, Sénèque, Hölderlin, Pasolini. Partout la dimension spirituelle avec Hallaj, Sohrawardi, Dante, Maître Eckhart. Mais aussi la présence terrible de la guerre à travers les textes croisés d’Helen Hessel et Henri-Pierre Roché et le Journal de Bergen-Belsen de Hanna Levi-Haas.

William SHAKESPEARE

Ainsi parlait Shakespeare

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN 1 2016
Collection Ainsi parlait
n° 4, 176 pages, ISBN 9782845902244

13 €

Après deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d’Avila) et un philosophe (Sénèque), ce 4e ouvrage de la collection « Ainsi parlait » est consacré à un écrivain. Shakespeare, le plus grand nom de la littérature de langue anglaise, le plus grand auteur de théâtre. Mais pourquoi ce choix de Shakespeare dans une collection qui souhaite faire entendre la parole de maîtres de sagesse ?

C’est que précisément Shakespeare a sans doute été l’un des plus géniaux connaisseurs des passions humaines, de leur grandeur et de leurs écueils. La pensée de Shakespeare est riche et souple : « Toute philosophie est dans le divin Shakespeare, écrivait André Suarès dès 1920 dans Poète tragique. Shakespeare achève Montaigne. »

Dans ses tragédies et drames historiques comme dans ses comédies ou ses poèmes, Shakespeare montre les hommes avec une extraordinaire lucidité. Sa vision est nourrie tout à la fois de la sagesse populaire, qui constitue la sève de son théâtre, et d’une culture humaniste où Sénèque et Plutarque, auteurs favoris de son contemporain Montaigne occupent une place de choix.

Si la sagesse de Montaigne a dans la culture française valeur d’exemple, celle de Shakespeare est dans le monde anglo-saxon la référence ultime. On ne compte plus les recueils qui permettent à tous et sur tous les sujets de le citer : le plus gros, dû à Burton Stevenson, sans cesse republié depuis 1937, fait 2000 pages sur deux colonnes.

Mais si le monde de Shakespeare est l’un des plus vastes et complexes qu’ait conçu un écrivain, le public français n’en connaît, hélas, le plus souvent que quelques pièces mythiques (Hamlet, Macbeth, Othello…) Découvrir la sagesse de Shakespeare, ne serait-ce pas aussi mieux comprendre les fondements de la culture d’outre-Manche ? C’est dans cet esprit qu’a été réalisé le choix des textes ici présentés. Sa traduction a été spécialement réalisée pour le présent volume et conçue pour être la plus proche du texte anglais publié en regard.