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Jacques DARRAS

Réconcilier la ville

SORTIE EN LIBRAIRIE EN MARS 2017
Collection « La faute à Voltaire »
n° 5, 112 pages, ISBN 9782845902480

9 €

« Voici que se projette à nouveau, sur les places publiques de l’Occident toutes livrées aux délices et aux affres du commerce et de l’économie, l’ombre des cathédrales anciennes ressuscitant sous la forme arrondie des mosquées. D’une part la communauté urbaine nous a libérés des charges hiérarchiques anciennes, politiques ou religieuses, d’autre part elle nous obère du poids aliénant de l’argent, usure ou mécénat publicitaire. Comment sortir de cette contradiction, par quelle dialectique de la place publique et de la cathédrale, de l’individualisme nominal et de l’anonymat collectif, avancer ? »

Comme Henri Meschonnic qui a inauguré l’an passé la collection « La faute à Voltaire », Jacques Darras est essayiste et poète. Il a publié de nombreux ouvrages de réflexion où sa vaste culture historique et géographique ainsi que son point de vue de spécialiste de la littérature américaine lui donnent un regard particulier sur les problèmes politiques de l’Europe, de la France et de ses régions.

On ne s’étonnera donc pas que la méditation qu’il offre ici, issue en partie d’une conférence donnée à la Maison de l’architecture en 2016, soit marquée, dans l’esprit de la collection « La faute à Voltaire », par une rigoureuse liberté de pensée et de parole.

Deux formes majeures de l’urbanisme, souligne-t-il, sont nées au même en-droit (en Picardie) et en même temps (au XIIIe siècle) : la ville de marché et la ville de cathédrale. Et la ville de cathédrale, on ne le sait pas assez, est née en réaction contre le règne de l’argent qui gangrenait la première.

À nouveau devenues de vastes centres commerciaux, nos villes sont à nouveau malades, et pour les mêmes raisons. Comment sortir de cette schizophrénie des villes modernes ? Comment réconcilier la ville, écartelée entre ses deux dimensions ?

Ainsi parlait Martin Luther

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN mars 2017
Collection « Ainsi parlait »
n° 10, 168 pages, ISBN 9782845902503

13 €

Après trois philosophes (Sénèque, Lulle et Paracelse), quatre écrivains (Shakespeare, Dickinson, Novalis et Wilde) et deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d’Avila), ce 10e volume de la collection « Ainsi parlait » est consacré à un personnage clef du renouveau de la spiritualité occidentale, Martin Luther (1483-1546), présenté par Marc Lienhard, l’un des meilleurs connaisseurs en France de sa vie et de sa pensée.

2017 marque le 500e anniversaire de l’acte fondateur de la Réforme protestante. Et donc aussi de la liberté religieuse et de la démocratie politique en Occident. On connaît la belle phrase du jeune Luther : « Je veux prêcher cela, le dire, l’écrire, mais je ne veux ni forcer ni presser ni obliger personne ; car la foi veut qu’on l’accepte de plein gré, sans obligation ni contrainte. » Aujourd’hui plus que jamais, ce principe révèle sa portée fondatrice pour les sociétés démocratiques.

Le 31 octobre 1517, le moine augustin Martin Luther affiche ses 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l’église du château de Wittenberg. L’autorité de l’évêque de Rome est remise en cause, les dogmes de l’Église sont réexaminés à la lumière des textes bibliques. La liberté religieuse et la démocratie politique deviennent possibles. Mais les résistances demeurent vives et commence une longue période de guerres et de persécutions religieuses.

Qui était Martin Luther ? Si son apport essentiel est aujourd’hui largement reconnu (une statue vient même de lui être consacrée au Vatican), sa pensée demeure mal connue. Car ses écrits et correspondances sont très nombreux, en latin comme en allemand, et montrent sur bien des points des évolutions sensibles. Qui peut dire les avoir tous lus ? Luther est celui qui a fait lever en Europe un air de liberté, mais tout autant celui qui a reproduit vis-à-vis des minorités religieuses (Juifs, anabaptistes, etc.) ou des femmes (les sorcières étant le plus souvent des femmes) les mêmes errements qu’il avait condamnés dans l’Église.

Un homme génial, mais tout de complexité et de contrastes, c’est ce que le présent Ainsi parlait Martin Luther permet de découvrir directement dans le texte.

Henri MESCHONNIC

Infiniment à venir

suivi de « Pour le poème et par le poème »
Discours de Strasbourg

SORTIE EN LIBRAIRIE EN FÉVRIER 2017
Collection « Les Cahiers d'Arfuyen »
n° 230, 88 pages, ISBN 9782845902466

11 €

Après Puisque je suis ce buisson (2001), Tout entier visage (2005), Et la terre coule (2006), De monde en monde (2009), Demain dessus demain dessous (2010), L’obscur travaille (2012), Infiniment à venir est le septième livre de poèmes d’Henri Meschonnic que publient les éditions Arfuyen.

Arfuyen a également publié l’an dernier dans la collection « La faute à Voltaire » l’essai lumineux de Meschonnic intitulé Le sacré, le divin, le religieux. Un texte qui touche au nœud des problèmes actuels. Car la pensée de Meschonnic sait relier les choses apparemment les plus éloignées : « C’est le rythme qui mène le langage, le continu de tous les rythmes […] Le rôle de la poétique est de le montrer, n’en déplaise aux dévots qui ne mesurent pas leur propre idolâtrie à sacraliser ces textes ou la langue, ce qui ne montre rien d’autre que la confusion intéressée du sacré, du divin et du religieux au profit du religieux. »

Ne pas sacraliser les textes : s’engager « pour le poème », c’est s’engager pour un langage du corps : « Le poème est ce qu’un corps fait au langage. » C’est donc un engagement éthique : « La notion même de poème se transforme, elle passe d’une notion traditionnelle, esthétique, formelle à une notion éthique, celle d’une éthique et d’une poétique de la pensée. » Pour le poème et par le poème est le discours qu’a prononcé Henri Meschonnic à l’université de Strasbourg lorsque lui a été remis en mars 2006 le prix Jean Arp de Littérature Francophone. Il y donne une synthèse éblouissante de sa pensée du langage et de la poésie.

Écrits au même moment que le discours, les poèmes d’Infiniment à venir sont nés de la découverte de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme. Dans la salle centrale, Meschonnic voit des visages : « On marche sur des mots morts / de terre en terre il y en a / qui affleurent / on leur élève / un monument / on se serre / pour y tenir / ce qui reste / de la parole ». Donner vie aux mots, donner rythme à la pensée, tel est le rôle du poème : « C’est nous / que nous venons / voir au musée / sous toutes ces apparences / des parts / de nous / l’absent c’est nous / nous le monstre ».