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Henri MESCHONNIC

Infiniment à venir

suivi de « Pour le poème et par le poème »
Discours de Strasbourg

SORTIE EN LIBRAIRIE EN février 2017
Collection « Les Cahiers d'Arfuyen »
n° 230, 88 pages, ISBN 9782845902466

11 €

Après Puisque je suis ce buisson (2001), Tout entier visage (2005), Et la terre coule (2006), De monde en monde (2009), Demain dessus demain dessous (2010), L’obscur travaille (2012), Infiniment à venir est le septième livre de poèmes d’Henri Meschonnic que publient les éditions Arfuyen.

Arfuyen a également publié l’an dernier dans la collection « La faute à Voltaire » l’essai lumineux de Meschonnic intitulé Le sacré, le divin, le religieux. Un texte qui touche au nœud des problèmes actuels. Car la pensée de Meschonnic sait relier les choses apparemment les plus éloignées : « C’est le rythme qui mène le langage, le continu de tous les rythmes […] Le rôle de la poétique est de le montrer, n’en déplaise aux dévots qui ne mesurent pas leur propre idolâtrie à sacraliser ces textes ou la langue, ce qui ne montre rien d’autre que la confusion intéressée du sacré, du divin et du religieux au profit du religieux. »

Ne pas sacraliser les textes : s’engager « pour le poème », c’est s’engager pour un langage du corps : « Le poème est ce qu’un corps fait au langage. » C’est donc un engagement éthique : « La notion même de poème se transforme, elle passe d’une notion traditionnelle, esthétique, formelle à une notion éthique, celle d’une éthique et d’une poétique de la pensée. » Pour le poème et par le poème est le discours qu’a prononcé Henri Meschonnic à l’université de Strasbourg lorsque lui a été remis en mars 2006 le prix Jean Arp de Littérature Francophone. Il y donne une synthèse éblouissante de sa pensée du langage et de la poésie.

Écrits au même moment que le discours, les poèmes d’Infiniment à venir sont nés de la découverte de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme. Dans la salle centrale, Meschonnic voit des visages : « On marche sur des mots morts / de terre en terre il y en a / qui affleurent / on leur élève / un monument / on se serre / pour y tenir / ce qui reste / de la parole ». Donner vie aux mots, donner rythme à la pensée, tel est le rôle du poème : « C’est nous / que nous venons / voir au musée / sous toutes ces apparences / des parts / de nous / l’absent c’est nous / nous le monstre ».

Ouvrage publié sous la coordination de
Guillaume PFISTER

La culture contre la violence ?

Préface de Jack Lang

SORTIE EN LIBRAIRIE EN février 2017
Collection « La Faute à Voltaire »
n° 4, 184 pages, ISBN 9782845902473

Pour ouvrir cet ouvrage, une introduction de Frédéric Mion, directeur de Sciences Po Paris, et un long entretien avec Jack Lang, riche d’une vision toujours forte et féconde des rapports entre culture et société.

Unique dans sa conception, ce livre publié en collaboration avec l’école d’affaires publiques de Sciences Po, est une réflexion ouverte et ambitieuse sur le sens et l’efficacité des politiques culturelles en France à la veille des présidentielles 2017. Près de 60 ans après la création en 1959 du « ministère d’État chargé des Affaires culturelles » confié à André Malraux, quel rôle l’État doit-il et peut-il jouer ?

Comment faire face aux défis nouveaux que posent l’explosion des technologies numériques et la nouvelle donne financière des collectivités publiques ? Et surtout, dans une société minée par les violences sociales et économiques et les replis identitaires, comment sortir des discours convenus ?

À la veille d’échéances majeures, c’est leur vision de la place de la culture dans notre société qu’ont décidé de livrer les étudiants de Sciences Po, jeunes citoyens culturels et futurs décideurs.

La démarche originale de ce livre est de mettre face à face, d’un côté, les professionnels les plus chevronnés dans les différents domaines de la culture qui apportent leur expérience ; de l’autre, des jeunes immergés dans les pro-blématiques actuelles qui tentent un regard critique et novateur.

La réflexion a été menée dans le cadre de l’école d’affaires publiques de Sciences Po : les contributeurs ont été auditionnés individuellement sur leur expérience ; des équipes ont été constituées par les étudiants participants pour développer des propositions.

Oscar WILDE

Ainsi parlait Oscar Wilde

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN janvier 2017
Collection « Ainsi parlait »
n°9, 168 pages, ISBN 9782845902435

13 €

À force de dandysme, Wilde a réussi à faire oublier qu’il était un écrivain de grande tradition classique. Sa hauteur de vue et son intransigeance lui ont permis d’être lucide sur la mutation culturelle qui commençait de se produire dès son époque : « Autrefois, écrit-il, les livres étaient écrits par les hommes de lettres et lus par le public. Aujourd’hui ils sont écrits par le public et personne ne les lit. » Mieux qu’aucun, autre, il a su en tirer les conséquences, jusqu’à devenir une icône de la culture de masse, seulement comparable aux idoles pop du XXe siècle.

Les bons mots célèbres de Wilde lui valent une réputation de mondain. C’est l’un de ses masques, il en a bien d’autres : « En art, note-t-il, est vérité ce dont le contradictoire est également vrai. » L’artiste est celui qui, prenant le risque d’assumer ses identités multiples, est le plus créatif et le plus vrai : « Je traitai l’Art comme la réalité suprême, et la vie comme une simple modalité de la fiction ; j’éveillai à tel point l’imagination de mon siècle qu’il créa autour de moi un mythe et une légende. » L’Art comme réalité suprême. L’artiste comme mythe et légende vivante, créés par son propre génie : Salvador Dali, Andy Warhol, David Bowie. Wilde inventeur de la modernité.

Mais aussi Wilde l’Irlandais, autonomiste acharné, proclamant : « Je ne suis pas anglais. Je suis Irlandais, ce qui est tout autre chose. » C’est par son ressentiment et son mépris à l’égard de la société anglaise qu’il faut comprendre ses outrances et provocations. Il se voit comme David contre Goliath : car « l’exil a été pour les Irlandais ce que la captivité a été pour les Juifs. »

Contre les Anglais, Wilde a d’autres alliés : les Grecs : « Nous sommes une nation de brillants ratés, mais les plus grands causeurs depuis les Grecs. » Dès le collège, il lit à livre ouvert Homère et Eschyle. À Oxford il excelle dans les humanités classiques. Sa croisade sera d’imposer aux Anglais un « nouvel Hellénisme ». Écoutons Yeats : « Je vois dans sa vie et dans ses œuvres une extravagante croisade celtique contre la stupidité anglo-saxonne. » C’est ce Wilde-là que l’on découvrira dans ce livre : courageux, génial et drôle.

Après trois philosophes (Sénèque, Lulle et Paracelse), trois écrivains (Shakespeare, Dickinson et Novalis) et deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d’Avila), ce neuvième volume de la collection « Ainsi parlait » est consacré à un personnage clef de la culture moderne, Oscar Wilde (1854-1900).