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Diane Perry, dite
 TENZIN PALMO

Trois Enseignements

Entretiens d’une nonne bouddhiste sur la méditation

SORTIE EN LIBRAIRIE EN MAI 2016
Collection "Les Carnets spirituels"
n°93, 152 pages, ISBN 978-2-845-90233-6

14 €

« Maître vénérable » du bouddhisme tibétain, Tenzin Palmo est une personnalité de premier plan dans le bouddhisme contemporain. Soutenue par le Dalaï-Lama, sa lutte pour l’émancipation des femmes a permis de réaliser des progrès importants. Le monastère qu’elle a créé en Inde en 2000 bénéficie d’un grand rayonnement.

Encore peu connue en France, Diane Perry est de la trempe des Alexandra David-Néel ou Ella Maillard. Issue d’une famille modeste de l’East London, elle part pour l’Inde et devient nonne bouddhiste à 21 ans sous le nom de Tenzin Palmo. Seule femme parmi 100 moines, elle vit la discrimination qui restreint l’éducation des femmes et les réduit à l’état de domestiques. En 1970, elle rejoint les hauteurs de l’Himalaya.

En 1976, elle s’installe dans une caverne de 2 m sur 3 m où elle pratique la méditation pendant 12 ans. Les trois dernières, elle dort seulement trois heures par nuit assise en posture de méditation dans une « boîte de méditation » en bois. Elle survit à des températures de -35° et à la neige pendant huit mois de l’année.
Son autorité spirituelle exceptionnelle et sa lutte constante pour l’émancipation des femmes lui valent aujourd’hui une large reconnaissance. Sa biographie a été publiée en 1998 chez Bloomsbury, à Londres (trad. française Nil, 2000). Un film lui a été consacré sous le titre, Une femme remarquable : rencontre avec Tenzin Palmo, nonne bouddhiste.

Le texte ici publié résulte de trois enseignements donnés à Singapour devant un public de Chinois de la classe moyenne, cherchant, au sein de leur vie trépidante et stressante, le moyen d’apporter clarté et paix à une vie prospère mais vide. Il ne s’agit pas en premier lieu pour Tenzin Palmo d’un enseignement théorique mais bien de « rappeler aux gens ordinaires que nous avons tous la capacité d’une transformation intérieure et que nous pouvons tous la mettre en œuvre si seulement nous en faisons l’effort ».

Dominique  SCHNAPPER

La République aux 100 cultures

SORTIE EN LIBRAIRIE EN MAI 2016
Collection "La faute à Voltaire"
n°2, 136 pages, ISBN 978-2-845-90232-9

10 €

« Ce n’est pas dans son principe, observe Dominique Schnapper, que le “modèle républicain” est obsolète. La politique d’intégration par la citoyenneté et la pratique professionnelle est conforme à la vocation des sociétés démocratiques et prolonge la tradition nationale. Le débat ne devrait pas porter sur le principe, mais sur les modalités de son application. Ce sont les manquements au modèle républicain, élément de l’ensemble de la crise de la société française, qui créent l’échec partiel de la politique d’intégration et le sentiment plus général du déclin national. »

Penser, c’est avant tout comprendre le sens des mots qu’on utilise. Mots que la pression de l’actualité, la rhétorique des politiques et la langue des spécialistes brouillent sans cesse. Les mots de « multiculturalisme » ou « intégration » sont devenus des épouvantails. Comment les penser aujourd’hui ? Dans une langue claire et précise, la réflexion de Dominique Schnapper prolonge celle d’Henri Meschonnic sur des thèmes tout aussi brûlants et mal compris : les religions, les cultures et la République.

Le thème choisi par Dominique Schnapper pour sa thèse de doctorat portait déjà sur « Traditions culturelles et sociétés industrielles » et, à l’EHESS où elle a longtemps enseigné, sa direction d’études a porté successivement sur « l’ethnosociologie des sociétés modernes » puis « la sociologie de la citoyenneté ». Sa réflexion lui a valu d’être nommée à de nombreuses commissions nationales portant sur le multiculturalisme et sur la citoyenneté, ainsi qu’au Conseil Constitutionnel de 2001 à 2010.

Parmi ses ouvrages, citons (Gallimard) : L’Épreuve du chômage (1981), Qu’est-ce que la citoyenneté ? (2000), Questionner le racisme (2000), Qu’est-ce que l’intégration ? (2007), L’Esprit démocratique des lois (2014). Elle est également l’auteur de Les Musulmans en Europe (OCS, 1992).

Nul n’est donc mieux qualifié pour aborder les questions brûlantes qui se posent à la veille de l’élection présidentielle : Dans une « République aux 100 cultures », comment conjuguer l’unité et la diversité ? Comment éviter de sombrer dans une « République sans culture », c’est-à-dire sans dynamique propre ? Des émeutes de 2005 à la tentation terroriste, pourquoi ce malaise dans la société française ?

Cécile A.  HOLDBAN

Poèmes d’après

suivi de La route de sel

SORTIE EN LIBRAIRIE EN AVRIL 2016
Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°228, 160 pages, ISBN 9782845902312

Il est rare, au bout de 40 ans d’édition, d’être saisi par la simple évidence d’un texte, l’impression qu’il est là, avec une calme et sûre autorité, sans qu’il y ait besoin d’analyser ni de s’interroger. Une voix parle, singulière, étrange même, mais c’est limpide, sans artifice, sans bavure.

Et c’est d’autant plus émouvant lorsqu’il s’agit d’un des tout premiers livres d’une jeune femme venue d’une autre langue, d’une autre culture. C’est le cas de Cécile A. Holdban, dont les vers impeccables évoquent d’autres paysages, insituables et comme de toujours connus.

Écoutons le début du livre : « C’était une période où Dieu se taisait // Quelle main rassemblera / les fragments laissés à la nuit ? // Le sang noircit dans les maisons / des toits aux fondations / rien ne tremble, rien ne circule, / des langues de haillons captives / se taisent dans la nasse des bouches // bastion agonisant / une armée entière de mots / est prostrée dans l’aube »

Cécile A. Holdban a inclus dans son livre des poèmes traduits du hongrois et de l’anglais. Car autant que la Hongrie de sa famille, la Nouvelle-Zélande de Katherine Mansfield marque sa poésie. De l’Île du Long Nuage Blanc, elle a fait la terre d’Emilia Wandt, son hétéronyme, à qui sont dédiés les poèmes de La route de sel. « Ce n’est pas nous qui écrivons les poèmes, note-t-elle dans sa postface, ce sont eux qui nous écrivent. »

Avec ce livre une nouvelle voix est née dans la grande galaxie des Edith Södergran, Kathleen Raine, Karin Boye, Janet Frame, Sylvia Plath, Pierre-Albert Jourdan, Loránd Gáspár et Sándor Weöres.