• Littérature
  • Spiritualité
  • Alsace

Cécile A.  HOLDBAN

Poèmes d’après

suivi de La route de sel

SORTIE EN LIBRAIRIE EN AVRIL 2016
Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°228, 160 pages, ISBN 9782845902312

Il est rare, au bout de 40 ans d’édition, d’être saisi par la simple évidence d’un texte, l’impression qu’il est là, avec une calme et sûre autorité, sans qu’il y ait besoin d’analyser ni de s’interroger. Une voix parle, singulière, étrange même, mais c’est limpide, sans artifice, sans bavure.

Et c’est d’autant plus émouvant lorsqu’il s’agit d’un des tout premiers livres d’une jeune femme venue d’une autre langue, d’une autre culture. C’est le cas de Cécile A. Holdban, dont les vers impeccables évoquent d’autres paysages, insituables et comme de toujours connus.

Écoutons le début du livre : « C’était une période où Dieu se taisait // Quelle main rassemblera / les fragments laissés à la nuit ? // Le sang noircit dans les maisons / des toits aux fondations / rien ne tremble, rien ne circule, / des langues de haillons captives / se taisent dans la nasse des bouches // bastion agonisant / une armée entière de mots / est prostrée dans l’aube »

Cécile A. Holdban a inclus dans son livre des poèmes traduits du hongrois et de l’anglais. Car autant que la Hongrie de sa famille, la Nouvelle-Zélande de Katherine Mansfield marque sa poésie. De l’Île du Long Nuage Blanc, elle a fait la terre d’Emilia Wandt, son hétéronyme, à qui sont dédiés les poèmes de La route de sel. « Ce n’est pas nous qui écrivons les poèmes, note-t-elle dans sa postface, ce sont eux qui nous écrivent. »

Avec ce livre une nouvelle voix est née dans la grande galaxie des Edith Södergran, Kathleen Raine, Karin Boye, Janet Frame, Sylvia Plath, Pierre-Albert Jourdan, Loránd Gáspár et Sándor Weöres.

Raymond LULLE

Ainsi parlait Raymond Lulle

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN AVRIL 2016
Collection Ainsi parlait
n°5, 160 pages, ISBN 9782845902305

13 €

Après deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d’Avila), un philosophe (Sénèque) et un écrivain (Shakespeare), ce 5e ouvrage de la collection est consacré à un philosophe de première grandeur : Raymond Lulle.

Surnommé « Arabicus Christianus » (« l’Arabe chrétien ») et « Doctor Illuminatus » (« le Docteur illuminé »), Lulle est un des plus grands penseurs du Moyen Âge. Il a été l’un des premiers à écrire non seulement en langue savante, mais aussi en langue vernaculaire.

Grand connaisseur de la langue arabe qu’il parlait et écrivait parfaitement, il s’est vivement intéressé à la culture du monde musulman, dont l’influence se retrouve dans son Ars Magna comme dans le célèbre Livre de l’ami et de l’Aimé, marqué par la mystique soufie.

Esprit indépendant, il a été en butte aux attaques des inquisiteurs qui ont à deux reprises fait condamner ses écrits par Rome. Philosophe, scientifique, mystique, poète, romancier, il a laissé une œuvre immense (265 ouvrages !) en catalan, arabe et latin.

Écrivain phare de son pays, il est souvent considéré comme bienheureux dans l’Église catholique et il est regardé à Majorque comme un saint. Si à partir de 1370, de nombreux écrits apocryphes d’alchimie ont paru sous son nom et acquis une grande célébrité, Lulle n’avait cessé, dans ses ouvrages authentiques, de condamner l’alchimie.

La collection « Ainsi parlait » offre accès aux textes de sagesse des plus grands penseurs – philosophes, écrivains et spirituels – à travers un ensemble de fragments représentatifs de l’œuvre, dans un format pratique et agréable, avec la garantie de transparence d’une édition bilingue.

Un choix d’environ 200 textes est ici donné à lire, qui rendent compte de l’essentiel d’une vision forte et originale de l’homme et du monde. Une courte préface et une biographie mettent les textes en perspective. La traduction a été spécialement réalisée pour être le plus fidèle possible au texte catalan présenté en regard et relue par les meilleurs spécialistes.

Georges-Daniel  ARNOLD

Le Lundi de Pentecôte

Der Pfingstmontag
précédé d’un texte d’hommage de Goethe

SORTIE EN LIBRAIRIE EN MARS 2016
Collection "Neige"
n°33, 248 pages, ISBN 978-2-845-90229-9

16 €

Der Pfingstmontag (Le Lundi de Pentecôte) est l’œuvre fondatrice de la littérature dialectale en Alsace, mais aussi de cette forme culturelle spécifique qu’est le « théâtre alsacien », illustré par Stoskopf ou Germain Muller. La présente traduction paraît pour le 200e anniversaire de sa parution (1816), grâce au Prix Nathan Katz du Patrimoine 2016, doté par l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA).

Le texte original en texte alsacien a été numérisé dans le cadre de la la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France. Sa référence sur le site sur le site GALLICA est la suivante :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bp...

À la manière du célèbre Ami Fritz d’Erckmann-Chatrian, le Pfingstmontag est un tableau idyllique de l’Alsace, qui rend hommage à une forme de convivialité et un art de vivre dont l’Alsace a toujours eu la nostalgie. C’est également une savoureuse galerie de caractères, pris dans une action dont les ressorts sont ceux de la meilleure tradition comique, de Molière à Feydeau. Mais c’est aussi et peut-être surtout un véritable trésor de la langue. Grand connaisseur de la culture populaire alsacienne, Roger Siffer a accepté, avec sa compagne Susanne Mayer, de relever le défi de traduire et de présenter ce texte fondateur d’une grande tradition dont il est aujourd’hui l’héritier.

Pendant de longues années, Arnold, grand lettré parfaitement trilingue, adepte des idées révolutionnaires, ami et conseiller du préfet Lezay-Marnesia, a pris l’habitude, lors de réunions d’amis comme d’entretiens familiers, de sortir de son portefeuille des bouts de papier où il note expressions, dictons, jurons et tournures propres au parler strasbourgeois. À ceux qui lui demandent : « Que voulez-vous faire de cela ? », il répond : « Vous verrez bien un jour ! »

Paru en 1816, son chef-d’œuvre théâtral inaugure avec éclat la littérature alsacienne. Goethe salue la pièce avec enthousiasme : « C’est à bien des égards que cette pièce est à recommander, tant pour ce qu’elle apporte que ce qu’elle évoque. Elle mérite bien que nous continuions à nous en occuper pour contribuer à sa diffusion à venir. » Et il ajoute : « Qu’on nous pardonne le préjugé et la prédilection que nous avons pour cette œuvre, et un plaisir qui est influencé peut-être par le souvenir. » Car, venu étudier le droit à l’université de Strasbourg d’avril 1770 à août 1771, Goethe a bien connu l’Alsace d’avant la Révolution évoquée par la pièce.

« L’action se situe en 1789, note Goethe, alors que la vieille bourgeoisie de Strasbourg se maintient encore bec et ongles contre les influences novatrices. L’œuvre redouble ainsi d’importance à nos yeux, car elle perpétue la mémoire d’un mode de vie qui devait être plus tard sinon détruit, du moins violemment remis en cause. »