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Johannes ECKHART

Ainsi parlait Maître Eckhart

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN JANVIER 2015
Collection Ainsi parlait
n°2, 148 pages, ISBN 978-2-845-90211-4

13 €

Ainsi parlait / Sô sprach // MAÎTRE ECKHART  : tel est le titre du premier volume de la nouvelle collection lancée en ce début de leur 40e anniversaire par les Éditions Arfuyen. L’œuvre d’Eckhart est vaste et peut sembler d’un abord difficile. Les étincelles y sont innombrables, jaillies du brasier d’une pensée souveraine, et chacune d’elles semble recueillir en elle tout le feu de la parole. Aussi nulle écriture ne pouvait-elle mieux se prêter au propos de cette collection. « Ainsi parlait Maître Eckhart  » : toujours naissante, semble-t-il, dans la rencontre même avec ceux et celles qui l’écoutaient, dans ce moyen haut-allemand fort et dru qui semble droit sorti du peuple de son temps et qu’il fut le premier à apprivoiser à la quête philosophique.

Le présent volume présente un choix de quelque 200 citations clefs d’Eckhart en moyen haut-allemand et dans une traduction française nouvelle. Les textes sont extraits de l’ensemble du corpus authentique des œuvres d’Eckhart : Le Livre de la consolation divine ; L’Homme noble ; Les Discours du discernement ; Le Détachement  ; Les Sermons. Le texte moyen haut-allemand se fonde sur l’édition fondatrice de Franz Pfeiffer (Leipzig, 1857) ainsi que sur l’édition critique publiée à Stuttgart par W. Kolhammer Verlag. Les traductions ont été spécialement réalisées pour la présente édition afin de permettre au lecteur de bénéficier pleinement de l’accès à l’original moyen haut-allemand. Elles sont conçues pour rester aussi proches que possible du texte d’Eckhart et faciliter une approche directe de sa propre parole.

« Si je pouvais, disait Eckhart, saisir en une seule pensée toutes les pensées que j’ai jamais pensées ou penserai jamais, je n’aurais rien qu’une parole, car la bouche exprime ce qui est dans le cœur » (Sermon 84). Aussi bien c’est cette unique parole qu’on trouvera dans ce petit volume, sans cesse renouvelée et n’exprimant jamais qu’une expérience originelle. Tantôt vibrante comme dans la nef de quelque église d’Alsace ou de Thuringe, et tantôt ciselée avec tout l’art du lettré féru d’humanités grecques et latines.

Michèle FINCK

La Troisième Main

SORTIE EN LIBRAIRIE EN JANVIER 2015
Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°218, 148 pages, ISBN 978-2-845-90210-7

13 €

Après Balbuciendo (2012), La Troisième Main est le deuxième ouvrage de Michèle Finck publié par les Éditions Arfuyen. L’écriture de Michèle Finck y a trouvé tout naturellement sa place tant sa démarche présente d’affinité avec la ligne des Éditions, notamment par ses liens avec la littérature germanique, la culture musicale mais aussi les références judaïques.

Longtemps, Michèle Finck n’a publié ses poèmes que dans des revues (notamment Polyphonies et le Nouveau Recueil). Ce n’est qu’en 2007 qu’a paru son premier recueil, L’Ouïe éblouie, qui réunissait plus de vingt ans de poésie (Voix d’encre). De ce premier livre, Jean-Yves Masson écrivait : « Voici le langage à l’état naissant. Voici l’extase antérieure aux significations mortes qui encombrent notre cerveau. [...] Poésie et musique ici célèbrent de nouveau leurs noces mystiques, splendides et troublantes. Jusqu’à l’éblouissement. Jusqu’à l’illumination. Jusqu’à l’enchantement » (Magazine littéraire, nov. 2007).

Parallèlement à l’écriture poétique, Michèle Finck a traduit des poètes allemands (Trakl) et publié des études sur Yves Bonnefoy et Claude Vigée, ainsi que des essais sur les rapports de la poésie avec la danse, les arts visuels et la musique (tout dernièrement : Épiphanies musicales en poésie moderne, de Rilke à Bonnefoy : Le musicien panseur, Champion, 2014).

En épigraphe de la note finale de son recueil, Michèle Finck a placé ce mot d’ordre de Rilke : « Faire des choses avec de l’angoisse. » Comme Balbuciendo était placé sous le signe de la double épreuve d’une séparation et de la mort du père, La Troisième Main a été écrit dans des circonstances très particulières : « Ce livre, composé d’une suite de cent poèmes d’extase musicale, a été écrit dans le noir et la pénombre, après une opération de la cataracte. Comme si, en opérant les yeux, on avait ouvert quelque chose de plus profond : brèche dans l’écoute ; non pas poèmes sur la musique, mais poèmes à et avec la musique ; poésie et musique intensément mêlées, qui tournoient tout au bord du silence. Noir avec torche de musique. »

Sept parties jalonnent cet itinéraire nocturne à travers les grandes œuvres musicales, des plus classiques aux plus contemporaines : Vers l’au-delà du son ; Musique, opus neige et feu ; Pianordalie ; Violoncelle psychopompe ; Musique devance l’adieu ; Golgotha d’une femme ; Musique heurte néant. Comment décrire la subtile alchimie qui transmute la musique entendue en poème, comme un précipité de quelques mots, nullement descriptifs ni impressionnistes, mais rendant la même chose autrement, par d’autres moyens qui ne sont plus les sons mais les mots, avec leur propre économie et leur rayonnement propre. Il s’agi de transcription comme telle ouverture d’opéra de Rossini ou telle symphonie de Beethoven a pu être transcrite pour piano solo par Lizst. Et l’étrange est que les noms des œuvres et des interprètes deviennent eux-mêmes comme des éléments du texte. Citons le premier de ces poèmes-transcriptions, comme un coup d’archet : « Bach : Cantate Ich habe genug. / Hans Hotter. Anthony Bernard. // Seigneur, c’est assez. Baryton descendu /Tout au fond des sons jusqu’à la douleur. / Tout au fond du silence jusqu’à l’amour. / La musique relie les vivants aux morts. / Elle est leur étreinte. Leur bouche-à-bouche. »

Ainsi chemine l’écriture en creusant sans cesse davantage, du Lamento d’Arianna de Monteverdi au Kat’a Kabanova de Janacek ; du Chevalier à la rose de Strauss à Sequenza III de Berio ; des Leçons de ténèbres de Couperin au Strange Fruit de Billie Holiday ; de la Lulu-Suite de Berg au Arsis et Thésis de Michaël Levinas.

Les Douze Degrés du silence

et autres opuscules spirituels

SORTIE EN LIBRAIRIE EN 6 2005
Collection Les Carnets spirituels
n°39, ISBN 2845900678

16 €

Comment aborder les écrits de Marie-Aimée de Jésus, sachant que les textes que Edith Stein place le plus haut n’ont jamais été publiés autrement que dans de minuscules plaquettes pour l’usage du Carmel  ? Le présent petit livre permet tout à la fois de découvrir une grande figure du Carmel et des textes d’une exceptionnelle qualité spirituelle.

Écoutons encore Édith Stein nous parler de Marie-Aimée : « Une sœur la vit une fois pendant le temps du silence de midi se tenant debout dans sa cellule, la porte ouverte, et semblant écouter avec attention. Elle lui demanda plus tard ce qu’elle faisait ainsi. Dorothée répondit qu’elle avait écouté le silence. Elle mit par écrit pour cette sœur ce que le silence lui avait révélé. C’est ainsi qu’un petit écrit d’une admirable profondeur sur les Douze Degrés du silence vit le jour. » 

Nous avons eu la chance de retrouver le texte de ces Douze degrés du silence, qui constituent la première partie du présent ouvrage. Citons-en un court passage qui concerne le Onzième Degré : Silence avec soi-même. « Ne pas se parler intérieurement, ne pas s’écouter, ne pas se plaindre, ni se consoler. En un mot, se taire avec soi-même, s’oublier soi-même, se laisser seule, toute seule avec Dieu ; se fuir, se séparer de soi-même. Voilà le silence le plus difficile, et néanmoins essentiel pour s’unir à Dieu aussi parfaitement que le peut une pauvre créature, qui, avec la grâce, parvient souvent jusque-là, mais s’arrête à ce degré, ne le comprenant pas, et le pratiquant moins encore. C’est le silence du néant. Il est plus héroïque que le silence de la mort. » 

Suivent trois autres textes : « À l’école de l’Amour », « La Vierge féconde », « Sur l’union divine et la transformation de l’âme en Dieu » (d’après la Montée du Carmel de saint Jean de la Croix), enfin un très émouvant poème, « la Vie cachée en Dieu ».