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Albert SCHWEITZER

Psychopathologie du nationalisme

SORTIE EN LIBRAIRIE EN 9 2016
Collection "La faute à Voltaire"
n°3, 152 pages, ISBN 9782845902374

10 €

« Lorsque les principes et les valeurs éthiques générales ne sont plus assez puissants pour réguler un sentiment comme l’amour de la patrie, lorsque celui-ci n’est plus éclairé par la raison morale, il se met à croître et à proliférer. Dans la mesure où les autres idéaux s’effondrent, l’idéal national, seul survivant, devient l’idéal des idéaux ; dans la mesure où nous laissons se perdre les biens de la civilisation, le nationalisme paraît incarner seul ce qui en reste et suppléer ainsi à leur manque. »

Prix Nobel de la paix en 1952 (l’un des deux seuls Français depuis 1945), Schweitzer est un esprit dont l’universalité et la lucidité déroutent notre époque. Médecin et activiste humanitaire, philosophe et écrivain, concertiste et musicologue, prophète du Respect de la vie et de l’écologie, il n’est aucun des domaines qu’il a abordés où il n’ait excellé.

Mais c’est peut-être dans le domaine de l’analyse socio-politique que son génie est le plus évident. Qui a dénoncé, dès 1908, le colonialisme avec une telle clairvoyance ? Après Hiroshima, qui, aux côtés de ses amis Einstein et Russell, a dénoncé avec autant de force les armes nucléaires ? Bien avant Edgar Morin, qui a attiré l’attention sur les problèmes de civilisation ? La désagrégation du tissu social et la monté des identitarismes lui inspirent des analyses d’une fascinante actualité.

Scruter la montée des populismes à travers la grille d’analyse de Schweitzer nous permet de trouver le juste recul et la claire compréhension des processus. L’introduction de Jean-Paul Sorg, philosophe et essayiste, montre la fécondité de cette démarche. Bien avant tous les analystes des mécanismes de destruction à l’œuvre dans notre société, le grand-oncle de Jean-Paul Sartre avait déjà tout compris !

Juan de Yepes, dit
 JEAN DE LA CROIX

L’Œuvre poétique

Édition revue et augmentée

SORTIE EN LIBRAIRIE EN 9 2016
Collection "Ombre"
n°14, 184 pages, ISBN 9782845902367

16 €

« Jean de la Croix, écrit le grand poète espagnol Jorge Guillén, est le plus grand poète le plus bref de la langue espagnole, peut-être de la littérature universelle. » Mais cette poésie est d’une telle densité, d’une telle intensité, d’une telle beauté qu’elle représente un sommet de toute la poésie amoureuse.

Les circonstances dans lesquelles cette œuvre a vu le jour sont pourtant des plus pénibles. Le 2 décembre 1577, Jean de la Croix est enlevé de force et sévèrement enfermé dans une cellule du Couvent des carmes mitigés de Tolède hostiles à la ré-forme qu’il souhaite promouvoir. Pendant huit mois, il y est soumis à un isolement total et à de grandes vexations. Mais c’est au cours de cette période qu’il compose une grande partie du fameux Cantique spirituel.

Selon la tradition, les premiers vers lui seraient venus en entendant, du fond de son cachot, chanter une chanson d’amour : « Je me meurs d’amour, / Mon Amour, que faire ? » Transposée en amour divin, l’inspiration du poète exprime la brûlure d’un amour que rien ne peut apaiser.

Quant au poème Nuit obscure, souvent considéré comme son chef-d’œuvre, il fut écrit, semble-t-il, très peu de temps après son évasion de sa prison de Tolède.

Introuvable depuis plusieurs années, la traduction de Bernard Sesé, qui constitue depuis trente ans l’édition de référence des poèmes de Jean de la Croix, est ici publié dans sa version définitive, tout à la fois complétée de nombreux poèmes (notamment les admirables et très peu connus versillos) et substantiellement révisée. Bernard Sesé est également l’auteur d’une Petite vie de Jean de la Croix (1990). Il est le traducteur des Dits de lumière et d’amour (1985).

Les « versets » (versillos) ont été écrits pour légender les cartes du Mont de Perfection dessinées vers 1578 par Jean de la Croix pour les carmélites de Beas de Segura.

Emily DICKINSON

Ainsi parlait Emily Dickinson

SORTIE EN LIBRAIRIE EN 6 2016
Collection "Ainsi parlait"
n°6, 152 pages, ISBN 9782845902343

13 €

« Vivre est si stupéfiant, il ne reste que peu de place pour d’autres occupations », écrit Emily Dickinson dans une lettre. Leçon essentielle à une époque comme la nôtre, qui donne tant de place aux « occupations »…

Comme celles d’Angelus Silesius ou de Novalis, l’œuvre d’Emily Dickinson dépasse les limites de la littérature pour atteindre à une méditation existentielle et spirituelle. Après deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d’Avila), deux philosophes (Sénèque et Lulle) et un écrivain (Shakespeare), elle a naturellement sa place dans la collection « Ainsi parlait ».

Emily Dickinson n’a rien publié de son vivant, mais les 1789 poèmes, 1049 lettres et 124 fragments publiés après sa mort constituent une œuvre ample et inépuisable où est frappant le contraste entre une sensibilité d’écorchée vive et une intelligence puissamment libre et lucide. Peu de personnes lisent l’intégralité des poèmes de Dickinson, moins encore lisent les lettres et les fragments, pourtant étroitement liés aux poèmes. L’un des intérêts du présent ouvrage est de proposer, année par année, une lecture parallèle de ces différents registres d’écriture.

T. W. Higginson, le seul à qui Emily Dickinson confia ses textes, a fait à sa femme Mary un portrait fascinant de celle qu’il nomme « mon excentrique poétesse » : « un trottinement pareil à celui d’une enfant », « une femme petite et quelconque avec deux bandeaux lisses », « une voix douce, effrayée et haletante d’enfant », « disant bien des choses que tu aurais trouvées folles et moi sages. » « J’ai bien peur, écrit-il à ses sœurs, qu’une remarque de Mary : “Oh, pourquoi les fous s’attachent-ils tant à toi ?” ne soit vraie. »

Folle ? Sage ? Emily Dickinson est une visionnaire, qui parle d’un lieu qui n’est ni vie ni mort. Une sibylle dont les paroles elliptiques livrent des vérités aussi foudroyantes que les fragments d’Héraclite auxquels elles font parfois penser ou à ce Shakespeare qui, disait-elle, lui a « apporté plus de connaissances qu’aucun être vivant ».