Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Herman MELVILLE

Ainsi parlait Herman Melville

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN SEPTEMBRE 2018
Collection « Ainsi parlait»
n° 17 , 176 pages, ISBN 978-2-845-90273-2

14 €

Cet Ainsi parlait Herman Melville paraît à la veille du 200e anniversaire de la naissance de Melville (1819-1891). Thierry Gillybœuf, qui avait traduit et présenté le Ainsi parlait Thoreau, est également l’auteur du présent volume.

Quel livre plus populaire, en effet, que Moby Dick ? Quelle vie plus aventureuse que celle de Melville, cet impénitent bourlingueur ? S’il en est un qui peut nous parler de la vie, c’est bien lui qui en a connu les aspects les plus différents. Étonnamment cependant, les autres livres de Melville (hormis Bartleby) sont beaucoup moins connus en France. Comme si Moby Dick faisait de l’ombre à tout le reste.

« C’est une baleinière, écrit Melville dans Moby Dick, qui fut pour moi Yale et Harvard. » Dès ses 13 ans il quitte le collège pour affronter le monde. Ce seront souvent des bateaux : navire marchand, frégate de guerre, trois-mâts baleinier, mais il sera aussi instituteur, commis, travailleur agricole.

Le pire sera d’avoir fait ses débuts comme employé de banque et terminé comme inspecteur des douanes de la ville de New York, un travail, écrivait-il, « des moins glorieux qui soient, à vrai dire, pire qu’amener des oies à l’abreuvoir » (Redburn).

Toute l’œuvre de Melville est irriguée par les expériences diverses et souvent malheureuses imposées par une vie semée de faillites et de dettes. On connaît les terribles aventures du capitaine Achab, mais l’œuvre est multiforme : les souvenirs de la vie de marin (Typee, Omoo et Mardi), les romans (Redburn, La Vareuse blanche, Pierre, The Confidence Man), les nouvelles (dont le célèbre Bartleby), les poèmes, les journaux de voyage.

Mais ne nous trompons pas : l’immense matière que lui a donnée la vie n’est devenue ce monument littéraire que par la fréquentation assidue que Melville a eue des grandes œuvres : la Bible, Shakespeare et Milton.

Si Melville mérite comme Thoreau de figurer dans cette collection, c’est bien parce qu’il est tout à la fois l’un des écrivains les plus accessibles au plus large public et un styliste de la plus haute tradition : « Vous autres mortels, écrivait-il dans Mardi (1849), vous traversez éternellement vos sierras en mettant vos pieds dans de vieilles empreintes. »

Wendell BERRY

Nul lieu n’est meilleur que le monde

SORTIE EN LIBRAIRIE EN SEPTEMBRE 2018
Collection « Neige »
n° 39, 160 pages, ISBN 978-2-845-90274-9

18 €

Grand écrivain, écologiste brillant et personnalité hautement respectée, Wendell Berry est une figure incontournable de la culture américaine d’aujourd’hui. L’œuvre de Berry, qui s’étend de l’essai à la poésie en passant par la fiction et la critique littéraire, compte près de cent ouvrages.

C’est pourtant la première fois qu’il est traduit en volume en français à travers un ensemble de textes qui couvrent l’ensemble de son itinéraire poétique. Claude Dandréa, traducteur de ces textes, a réussi la gageure de les recréer en français sans rien perdre de la beauté de l’original.

« Nos vies nous ont forcés à quitter la carrière poétique, écrivait Wendell Berry à son ami Gary Snyder en 1977. Quand on quitte la poésie, les poèmes deviennent alors une façon de parler aux autres hommes et pour les autres hommes, et non plus des choses acquises. » C’est en 2014 qu’ont été révélées au public les 40 années de correspondances entre Snyder, symbole de la Beat Generation, et Wendell Berry, le digne héritier de Thoreau, chantre et théoricien d’un monde renouvelé grâce à l’écologie.

Voix majeure de la poésie contemporaine, mais aussi romancier et nouvelliste, auteur de très nombreux essais sur l’écologie et la littérature, Berry est considéré aujourd’hui en Amérique comme un véritable prophète de notre temps.

Dans son cycle romanesque de Port William, largement inspiré de ce Port Royal où il habite depuis un demi-siècle, Wendell Berry fait exister tout un monde qu’il connaît bien et qui reste attaché à un mode de vie largement communautaire.

Berry a lui-même beaucoup œuvré pour maintenir et, si possible, recréer de telles communautés à taille humaine, fondées sur un sens de la solidarité qui tend à disparaître dans le monde globalisé qui est le nôtre, esclave d’intérêts financiers et de technologies asservissantes.

Charles BAUDELAIRE

Ainsi parlait Charles Baudelaire

Dits et maximes de vie

SORTIE EN LIBRAIRIE EN JUIN 2018
Collection « Ainsi parlait »
n° 16, 176 pages, ISBN 978-2-845-90271-8

14 €

Baudelaire est un cas presque unique dans la littérature française : il est célèbre pour un seul et mince volume de poèmes, Les Fleurs du mal, qui a été éreinté par la presse et condamné par la justice. Le parfum de scandale qui entourait ce livre s’est depuis longtemps dissipé, il est même devenu un classique des classiques de l’enseignement littéraire, mais il continue de concentrer presque exclusivement l’attention des lecteurs. De Baudelaire, que lit-on d’autre aujourd’hui encore, que peut-on citer d’autre ?

Tellement tonique et sulfureux, Baudelaire a fini par passer pour un écrivain scolaire et ennuyeux au point qu’on ne voit plus la charge subversive qui se trouve dans son œuvre. Meschonnic l’a magnifiquement montré, « Baudelaire est moderne parce qu’il a transformé, réinventé la modernité ». Comment cela ? C’est en lisant tous ses journaux et essais qu’on peut le comprendre.

Or l’œuvre de Baudelaire est loin de se résumer à aux Fleurs du mal. S’il est « l’inventeur de la modernité », c’est parce qu’il a développé toute une réflexion esthétique et morale qui garde aujourd’hui une grande part de sa validité. En haine de l’esprit bourgeois de son temps, il a élaboré un anticonformisme radical, mélange d’un dandysme à la Byron et d’un immoralisme à la Sade.

Cette part essentielle de son message, ce n’est pas tant dans Les Fleurs du mal qu’il faut la chercher, mais ses innombrables notes en prose : dans les Fusées (1851), dans L’Art romantique (1852), dans Les Paradis artificiels (1860), dans les Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains (1861), Le Spleen de Paris (1869), Mon cœur mis à nu (1864), les Curiosités esthétiques (1868), dans les Journaux intimes (1851-1862) ou dans les Salons et les Lettres.

Yves Leclair, écrivain inclassable et raffiné, grand connaisseur de notre littérature, tente l’approche de cet autre Baudelaire, qui nous est si proche dans son insoumission et ses tourments.