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Un numéro spécial de la revue "Peut-être" consacré à Claude Vigée

vendredi 15 janvier 2016

« Peut-être », revue poétique et philosophique animée par Anne Mounic, vient de faire paraître sa septième livraison. Son titre, « Tu dis pour naître », est celui d’un beau poème de Claude Vigée qui ouvre le volume et en oriente la recherche : « Tu n’écris plus / Pour être lu / Par des poètes. // Tu dis pour être / Au cœur de l’homme, / Simplement. // Ton chant est comme / Une fenêtre / Ouverte au vent : // Orage à mille têtes ! » (in L’homme naît grâce au cri, Points Seuil, 2013).

Ce numéro spécial est consacré au colloque international qui s’est tenu les 5 et 6 juin 2015 à Paris 3 Sorbonne nouvelle autour de l’œuvre de Claude Vigée. À la suite du Grand Prix national de la Poésie dont l’œuvre de l’écrivain de Bischwiller a été couronnée en décembre 2013, les lectures ici présentées permettent de prendre la juste mesure de ses multiples facettes : poème, pensée poétique, philosophique et critique, écriture de soi, fidélité à l’Alsace et au judaïsme, inspiration et commentaire biblique, réflexion sur l’histoire, la civilisation occidentale et la Shoah, expression de la vie, de l’intériorité et de la joie, présence et générosité.

« Le langage de Claude Vigée, souligne Anne Mounic dans sa conclusion, est un “langage heureux” (L’extase et l’errance, p. 13-14), comme le disait pour lui-même Michel Henry, langage heureux au cœur de l’étreinte, dans ce paradoxe du trotzdem, malgré tout. Et le langage heureux est par essence communicatif, sur le mode métamorphique de l’intériorité. Il est lié à l’“inceste heureux”, qui est fidélité à l’origine. Revenant à sa petite enfance dans le premier tome d’Un panier de houblon, Claude Vigée décrit la “béatitude” qu’il éprouve après le biberon (dr Schoppe, la chope, en alsacien) : “Respirer immobile, en accord avec mon corps dont la présence est perçue tout à coup comme amie, la compagne de jeu intime et pourtant extérieure à mon regard qui l’explore. Première expérience de l’inceste heureux avec le monde réel.” (La verte enfance du monde, p. 172)

« L’ “inceste heureux”, en somme, c’est le choix de la vie réconciliée avec l’esprit grâce à un langage poétique incarné ; c’est l’affirmation toujours reprise de cette seconde naissance révélée dans le nom finalement adopté définitivement, “Hay ’Ani”, Vie j’ai (Isaïe 49, 18). Dans l’utopie de la parole, la vie atteint à sa splendeur. »