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Un hommage à Jean-Luc Wauthier, serviteur de la poésie

jeudi 17 septembre 2015

Jean-Luc Wauthier dirigeait le "Journal des Poètes" depuis 1991. Sa brutale disparition le 15 mars dernier a frappé de stupeur tous les collaborateurs et amis de cette courageuse et belle revue belge, dont les destinées sont assurés depuis l’an dernier par les éditions du Taillis Pré. En sa 84e année, le Journal des Poètes rend hommage à celui qui, avec talent, générosité et probité s’est dévoué à la cause de la poésie durant ces vingt-quatre années.

Jean-Luc Wauthier était d’abord poète et il est bon que ce numéro spécial s’ouvre par une anthologie de ses poèmes. Son premier recueil, Morteville, avait été publié en 1976 par la Maison internationale de la Poésie, à Bruxelles. Il avait publié ces dernières années de nombreux ouvrages aux titres magnifiques : Fruits de l’ombre (2004), L’envers du ciel (2007), Manteau de silence (2010), Sur les aiguilles du temps (2014). Dans ce recueil paru l’an passé, on pouvait lire ce poème : « Un homme nu / contemple une table vide / dans l’appartement désert / d’une maison qui n’existe pas // L’Ange, lassé, a délaissé la rue / où ne résonne plus un seul aboi / des chiens de l’enfer. / Tout est dévasté. // Seul / un enfant sans visage / s’obstine à rassembler / les décombres du jour. »

La seconde partie de l’hommage rendu à Jean-Luc Wauthier est consacrée à des témoignages. Pierre Dhainaut y rend compte avec émotion de sa lecture du livre paru en 2014 : « De tous ses recueils, Sur les aiguilles du temps est le plus ardent, il ne dissimule rien de notre condition en proie aux doutes, à l’angoisse, mais tel est le paradoxe de la poésie, une voix se délivre, se soulève, communique par son rythme inlas¬sable un élan qui, en disant le malheur, nous empêche de croire que tout va bientôt s’achever. L’intensité qui se manifeste à tra¬vers le livre entier ne m’a pas permis d’admettre, quand je l’ai lu, il y a presque un an, qu’il était prémonitoire. »

Vaillamment Philippe Mathy a accepté de prendre la relève pour que survive le Journal des Poètes. Ce remarquable numéro spécial est plus qu’un hommage, le signe que l’œuvre de Jean-Luc Wauthier, comme directeur de revue et comme poète, est bien vivante.