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La mort de Jean Bastaire

 Notre ami Jean Bastaire est décédé le 24 août 2013 dans sa maison du Clos Buisson à Meylan. « Avec l’âge, nous écrivait-il tout récemment encore, mes forces déclinent (bientôt 86 ans). Mais j’essaie d’être encore fécond. J’achève même un nouvel essai religieux. » (14.02.2013). Et dans une lettre de l’an passé : « De divers côtés, des bourgeonnements pointent. On commence à sentir que mon œuvre poétique, théologique e t mystique est riche d’avenir. Depuis plus de quinze ans, votre fidélité à me publier y a beaucoup contribué » (3.03.2012). Jean Bastaire était ainsi : militant sans relâche pour les causes qu’il s’était fixées, et en tout premier lieu celle de promouvoir l’écologie chrétienne ; résolument confiant en dépit de toutes les pesanteurs et lenteurs qu’il sentait autour de lui et qui le désolaient ; généreux de ses forces jusqu’aux toutes dernières limites.
 Dans la lettre qu’il joignait à l’envoi du manuscrit de son recueil Pâque de l’univers, nous retrouvons ces lignes où se sent la juvénile, l’inépuisable ferveur qui l’a jusqu’au bout animé : « Voici mon, nouveau manuscrit de poèmes que je vous ai annoncé récemment. J’espère qu’il vous plaira. Ce serait le quatrième recueil publié par vous. Ce quatuor d’ouvrages constitue le cœur de mon cœur, et je serais heureux que vous en soyez l’unique éditeur. Poèmes métaphysiques, théologiques ? Puisse cela ne pas vouloir dire abstraits ! Mais il est vrai que leur objet est l’ineffable de l’ineffable, ou plus exactement le paradoxe d’une terre devenue ciel, d’un temps devenu éternité. Je pousse l’Incarnation à ses dimensions cosmiques et absolues. C’est la théologie de Paul, de Maxime le Confesseur, de Duns Scot et de Claudel. » (18 06.2007). Pâque de l’univers a paru en janvier 2010 dans la collection Les Carnets spirituels. De Jean Bastaire nous avions publié précédemment : Psaumes de la nuit et de l’aurore, dès 1996, Passage par l’abîme, en 1998, et Noces vives, en 2002.
 Né en 1927 à Chamalières (Puy-de-Dôme), Jean Bastaire avait l’âme ardente et inquiète de son compatriote Pascal, alliée à la vision cosmique et généreuse de son autre compatriote Teilhard de Chardin. Ce ne sont pas là de piètres références et lui-même savait combien elles l’engageaient. Mais plus chers encore à son cœur étaient les poètes Charles Péguy et Paul Claudel dont il n’a cessé, par les livres comme par les actes, de magnifier l’œuvre, souvent bien seul au cours de ces dernières décennies. Puisse son œuvre à son tour trouver les militants passionnés qui en feront connaître les belles et fortes intuitions, à coup sûr, comme il l’espérait, « riches d’avenir »