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Gabrielle Althen : un numéro spécial de la revue « Nu(e) »

mardi 13 juillet 2010

 Les Éditions Arfuyen auront le plaisir de publier prochainement un livre de Gabrielle Althen, débutant ainsi une collaboration depuis longtemps souhaitée. C’est une raison de plus de saluer la parution dans la belle revue Nu(e), animée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, d’un numéro consacré à cet écrivain qui excelle autant comme poète que comme essayiste et comme critique. Ouvert par un long entretien avec Paul Louis Rossi, le numéro accueille des contributions de Claude Leroy, Isabelle Raviolo, Alexandre Eyriès, Jean-Luc Despax, Filomena Iooss, Gabriel Grossi, Jean-Pierre Lemaire, Lionel Ray, Nathalie J. Ferrand, Michèle Finck et Camille Dumoulié. 
 Analysant « Vendredi déjà », un poème de Cœur fondateur (2006), Jean-Pierre Lemaire, l’un des plus sagaces lecteurs qu’il nous est donné de connaître, a cette juste conclusion : « La voix qui chante dans ces vers est à la fois limpide et obscure : un cristal posé sur de la nuit, pour reprendre la belle comparaison de l’auteur. Elle nous entretient, en usant d’une langue dépouillée à l’extrême, du passage mystérieux \"entre mourir et naître\" (Eliot), dans une proximité jamais expliquée avec la Passion et la résurrection, le Vendredi saint et Pâques. C’est peut-être dans ce voisinage discret, respectant l’ignorance d’une âme \"novice et vide\", qu’elle trouve ce ton grave et juste qui parle au mystère de chacun. »
 
Gabrielle Althen nous livre sans doute un peu de sa poétique lorsque, interrogée par Paul-Louis Rossi, elle s’exprime sur le rappoort de la poésie avec la croyance : « La poésie parle par similitudes et comparaisons, comme le note Jean de la Croix qui se donne pour tâche d’accompagner ses poèmes de leur commentaires théologiques, tout en précisant, et là est l’important pour ce propos, que ces mêmes similitudes et comparaisons parlent mieux de ce qui lui tient à cœur que ses propres commentaires. Camus avait posé que les philosophes pensaient par concepts et les poètes par des mots. Je crois aussi que le poète s’exprime non seulement par ses mots, mais par ce qu’il sait rendre vivant dans ses lignes. D’où le fait que ce n’est pas son \"sujet\", ni ce qu’il pense qui établissent sa qualité. D’où, le risque des assertions, d’où ma crainte de ce qui est asséné. On l’a toujours su, d’autre part, ce n’est pas le fait de représenter le Fuji Yama ou une Madone, et tout ce qu’ils comportent de symboles, qui garantit la présence esthétique d’une œuvre plastique. »