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François Cheng : « Cinq méditations sur la mort »

mardi 13 juillet 2010

 François Cheng s’est voici bien des années livré à un exercice des plus périlleux : chaque soir, durant un mois, à la Maison de la Poésie, entouré de ses grandes calligraphies, il est venu durant une heure lire ses textes et partager ses réflexions avec le public sur les sujets les plus variés : l’écriture, la vie, la vérité, la nature… La douceur persuasive de sa voix et la vivacité souriante de son propos laissaient chaque soir le public émerveillé. C’est cette même voix que l’on a pu retrouver dans les Cinq méditations sur la beauté publiées en 2006 et que nous retrouvons à présent avec bonheur dans les Cinq méditations sur la mort qui viennent de paraître chez Albin Michel.
 « Très tôt, écrit François Cheng, j’ai pris conscience que c’était la proximité de la mort qui nous poussait dans cette ardente urgence de vivre, et que surtout la mort était au-dedans de nous comme un aimant qui nous tirait vers une forme de réalisation. C’est ainsi qu’elle opère au sein d’un arbre fruitier, lequel passe irrésistiblement du stade des feuilles et des fleurs à celui des fruits – fruits qui signifient à la fois un état d’être en plénitude et le consentement à la fin, à la chute sur le sol. Étant entré en écriture à l’âge de quinze ans, ma forme de réalisation était la poésie. Je me répétais : ’’Peu importe la durée de ma vie, pourvu que je meure d’une mort qui soit à moi, que je meure en poète.’’ Mourir en poète, à l’instar d’un Keats, d’un Shelley, dont les portraits ornaient ma chambre. »
 Le poète n’a pas la prétention de délivrer un « message » sur l’après-vie, ni d’élaborer un discours dogmatique, mais il témoigne d’une vision de la vie. Une vision en mouvement ascendant qui renverse notre perception de l’existence humaine, et nous appelle à envisager la vie à la lumière de notre propre mort. Celle-ci, transformant chaque vie en destin singulier, la fait participer à une grande aventure en devenir.
 Rappelons que les Éditions Arfuyen ont publié deux des principaux recueils de poésie de François Cheng : Qui dira notre nuit (2001) et Le long d’un amour (2003).