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Dans la revue Études, un entretien avec Gérard Pfister sur Arfuyen et sur la poésie

dimanche 10 juin 2018

Le Marché de la poésie est l’occasion pour la revue Études, dans son numéro de juin 2018, de s’interroger sur la situation de la poésie aujourd’hui. Au cours d’un entretien avec l’écrivain Yves Leclair, Gérard Pfister présente l’aventure éditoriale des éditions Arfuyen et leur originalité dans le paysage de la poésie contemporaine, mais livre aussi sa conviction personnelle sur la signification de la poésie face à la tyrannie de la communication de masse.

« L’écriture nous permet de prendre conscience de ce qui nous est le plus précieux mais aussi le plus inconscient : la langue. De nous libérer des automatismes et des conventions que les mots nous ont imposés. C’est une ascèse, et des plus radicales : un éveil, des plus illuminants. Et quel meilleur moyen qu’une autre langue pour prendre conscience de la nôtre ? Toute langue impose une vision du monde, et ce n’est que dans le miroir d’une autre, par la traduction, qu’on peut le mesurer.

« À travers les livres, c’est cette liberté qu’il faut transmettre. Inutile de se battre s’il ne s’agit que de d’objets de divertissement ou de collection. Liber, livre ou liber, libre : c’est le même mot. Et au pluriel, liberi, les enfants. Car nous sommes ces éternels enfants qui doivent se libérer par le livre. Au lieu de cela, l’industrie du livre produit toujours de nouvelles recettes pour nous euphoriser ou nous assommer comme des drogues. Au lieu de cela, les nostalgiques « poétisent », comme disait Meschonnic, à tour de bras. On veut faire « poétique », on se paie de mots – d’une manière ou d’une autre il faut bien se payer. Alors que la poésie est un travail de longue patience, d’exigeante liberté. »