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Claude Vigée : « L’Homme naît grâce au cri », poèmes choisis par Anne Mounic (Éditions Points).

jeudi 1er janvier 1970

  « Qu’est-ce donc que ta poésie ? écrit Claude Vigée / Un feu de camp abandonné, / qui fume longuement dans ta nuit d’été, / sur la montagne déserte. » Voici de longues années que l’œuvre de Claude Vigée accompagne la travail des éditions Arfuyen. Elles ont fait paraître en 1988 ses traductions de L’Herbe du songe d’Yvan Goll et l’année suivante, sous le titre Le Vent du retour, ses traductions de Rainer Maria Rilke (réédité en bilingue en 2005). Elles ont publié en 1991 son recueil Apprendre la nuit. Elles ont suscité en 2007 émouvant essai « Secourir Dieu dans la Shoah : Etty Hillesum » paru dans l’hommage collectif (avec Charles Juliet et Dominique Sterckx) intitulé Etty Hillesum, histoire de la jeune fille qui ne savait pas s’agenouiller. Nous nous réjouissons que vienne de paraître par les soins d’Anne Mounic un large choix de ses poèmes écrits entre 1950 et 2012. 
 L’œuvre de Claude Vigée, souligne Anne Mounic dans sa belle préface, s’est constituée en réaction à l’inhumain, le jeune garçon entendant à la radio allemande, en Alsace, sa région natale, les vociférations mortifères de Hitler ; le jeune homme affrontant avec sa famille et celle de sa cousine, puis épouse, Évy, l’épreuve de l’exode, suivi des rigueurs de la Résistance, à Toulouse, avant l’exil, fin 1942, avec sa mère.
 Homme d’une grande culture, Claude Vigée fut professeur à l’Université Brandeis, aux États-Unis, puis à l’Université hébraïque de Jérusalem à partir de 1960. Fin connaisseur de la littérature européenne et américaine, il est l’auteur de nombreux essais critiques, notamment sur Flaubert, Malraux, Kafka, T.S. Eliot, Claudel, Jorge Guillen et Saint-John Perse
 Dans l’œuvre de Claude Vigée, l’extase ne se dissocie pas de l’errance. Le poème ne s’affranchit pas de l’expérience quotidienne en une dualité qui susciterait la tentation du formalisme ou la distorsion du langage. C’est pourquoi, en notre monde démantelé sous la pression mortifère du culte de l’objet, sa voix est une voix essentielle qui nous rappelle à cette double injonction : « Choisis la vie », « Deviens ce que tu es » (« L’Homme naît grâce au cri », poèmes choisis 1950-2012, édition établie, présentée et annotée par Anne Mounic, éditions Points).